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Mélin, son histoire

Mélin, son histoire

Mélin est un village au passé très riche et aux origines lointaines.

Nous nous contenterons ici de remonter jusque vers l’an 800, époque à laquelle la civilisation renaît de ses cendres, suite aux invasions barbares.

C’est à l’initiative d’une très vaste campagne de défrichement menée par l’Abbaye d’Inde, située à St-Corneille, près d’Aix-la-Chapelle, que Mélin renaît.

Ce défrichement visait tout le vaste plateau de culture qui s’étend depuis l’église de Hoegaarden jusqu’aux confins de notre village, à Sart-Mélin. Notons que le vocable « sart », que nous retrouvons dans bon nombre de noms de nos villages (Rixensart, Sart-Risbart, Lodelinsart, etc.) provient du verbe « essarter » qui signifie défricher.

Dès 953, suite au partage de la Lotharingie, le village de Mélin est intégré au comté de Louvain.

En 1219, l’abbaye d’Inde cède une partie du « Neusart » de Mélin à l’Abbaye de la Ramée, qui possédait déjà un domaine à Sart-Mélin.

La carte de Ferraris (carte des Pays-Bas autrichiens) a été établie entre 1770 et 1778 par le comte Joseph de Ferraris, directeur de l’école de mathématique du corps d’artillerie des Pays-Bas, sur commande du gouverneur Charles de Lorraine.
En 1284, un évènement déterminant pour le village se produit. Les comtes de Louvain, devenus ducs de Brabant en 1106, cèdent Mélin et toutes ses dépendances, et le droit de haute justice, à Gérard de Luxembourg, sire de Durbuy, en échange de ses droits sur le duché de Limbourg. Dès ce moment, Mélin, devenu seigneurie particulière, sera transmis d’héritage en héritage, dans plusieurs grandes familles, jusqu’à la Révolution Française.

De 1568 à 1576, Mélin subira les avatars des guerres de religion. En effet, à cette époque, le seigneur de Mélin, Thierry Bouton, adhérera à la religion réformée. L’église et la cure sont incendiées. Au siècle suivant, ce seront les guerres de Louis XIV qui décimeront le village. Enfin, le traité de la Barrière, en 1715, mettra fin à tous les troubles et nos régions tombent sous l’autorité autrichienne. C’est une période de paix, propice à la reconstruction, qui s’achèvera par la Révolution Française en 1793.

Aux 16ème, 17ème et 18ème siècles, le village, à vocation essentiellement agricole, s’enrichit par l’exploitation de la pierre de Gobertange. Les carrières se situent dans un périmètre d’environ 2500 hectares autour du lieu-dit Gobertange, entre Mélin et Saint-Remy-Geest. Cette pierre est d’abord utilisée dans la construction des maisons et de la voirie, puis dans la restauration des bâtiments.

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Source : Entente des Cercles d’Histoire et d’Archéologie du Roman Païs

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La commune de Mélin-sur-Gobertange (extrait de la carte de Ph. Vandermaelen (1871)


Canton judiciaire de Jodoigne
Commune de Mélin-sur-Gobertange

Nom : variante , étymologie.

On pourrait croire que la grande commune de Mélin a emprunté son nom de ce qu’elle était jadis un lieu où on tenait des plaids, des assemblées judiciaires ou mâls, si l’on trouvait son nom orthographié Mallum, comme Gilles d’Orval le fait en décrivant les limites du comté de Brugeron ; mais on rencontre dans les actes des formes bien différentes, telles que Meylen (1138, 1374), Melen (1177, 1250), Meylern (1222, 1251, 1259, 1410, 1472, 1492, 1506), Meilem (1229), Melyn (1228, 1464, 1492, 1554, 1585, 1597, 1600-1601), Melaing (1241), Meilent ( 1284), Meilen (1312), Melent (1312, 1400, 1411), Meylhem (1383, 1437, 1493), Meleyn (1374, 1403-1404, 1436, 1137, 1509-1510, 1550, 1559-1560, 1661), Melein (1403-1404, 1420-1421, 1430, 1441, 1507, 1515, 1568-1569, 1576, 1649), Meyleem (1411-1412), Melain (1492, 1508-1509, 1569, 1686, 1688, 1695, 1703, 1718, 1777, 1779, 1787, Vander Stegen, Oudiette), Mellain (1585), Melin (1652, 1655, 1691, 1710, 1725, 1740, 1749, 1777, 1785), Meling (1666). On prononce Mélin et, en flamand, Maelen.

Il est important de distinguer Mélin-sur-.Gobertange de localités situées en Belgique et dont le nom s’écrit souvent de la même manière dans les actes, telles que Mellet et Meslin-l’Evêque (province de Hainaut) et Mélin (prov. de Liège). En France il y a Mélin, dans le département de la Haute-Saône, Mélin-sur-Orches, dans celui de la Côte-d’Or. Au surplus, le préfixe mel se rencontre dans un très grand nombre de désignations géographiques, soit gauloises, soit germaniques, comme Mélain-la-Campagne (dép. de l’Eure), Melden (Flandre orientale), Meldert (Brabant, Flandre orientale et Limbourg), Meldi ou Meaux, Mélincourt (Haute-Saône), Melioreux ou Mellery (Brabant), Mell (en Hanovre), Mellac (dép. du Finisterre et de la Gironde), Melle (Flandre orientale, Hainaut, Deux-Sèvres et Basses-Alpes), Mellé (dép. d’Ille-et-Vilaine), Melleraye, Mello (Oise), etc.

Situation

La commune de Mélin est limitrophe de celles de Bauvechain, l’Écluse, Geest-Saint-Remy, Jodoigne-le-Marché, Lathuy, Piétrebais et Tourinne.

Elle est située à 2 kil. N. do Lathuy, 2 1/2 kil. S.-O. de Geest-Saint-Remy, 4 kil. O.-N.-O. de Jodoigne-le-Marché et S.-S.-E. de l’Ecluse, 5 1/2 kil. E. de Piétrebais, 7 kil. S.-E. de Bauvechain, 8 1/2 kil. E.-S.-E. de Tourinne, 12 1/2 kil. E.-S.-E. de Bruxelles, 46 kil. N.-E. de Nivelles.

L’église se trouve située par 56 grades 37 de latitude N. et par 2 grades 76 de longitude E. L’altitude du sol, prise au seuil de l’église, est de 107 mètres 82.

Territoire

Le procès-verbal de délimitation a été ouvert le 1er janvier 1817 et clos le 22 avril suivant. Le cadastre divise le territoire de Mélin en cinq sections : la section A ou de la Justice, la section B ou de Gobertange, la section C ou du Village, la section D ou du Bois de Mélin, la section E ou de Sart-Mélin.

Au 1er janvier 1865, ces sections se trouvaient morcelées en 2,651 parcelles, appartenant à 726 propriétaires, donnant un revenu cadastral de fr. 74,773-96 (sol : fr. 66,141-96 ; bâtiments : fr. 8,632-00) et ayant une contenance de 1,152 hectares 13 ares 20 centiares (imposable : 1,124 hect. 36 a. 95 ca. ; non imposable : 27 hect. 76 a. 25 ca.).

Cette contenance globale se subdivisait ainsi en 1834:
En 1686, la contenance totale du village était évaluée à 1,319 bonniers 3 journaux, dont 899 b. 1 journal de terres labourables, 36 b. Je prairies, 102 b. de bois de haute futaie, 30 b. d’autres bois, 74 b. de boscages et 117 b. de bruyères).

Dépendances

On comptait à Mélin : en 1374, 226 ménages ; en 1435, 137 foyers ; en 1464, 116 foyers ; en 1472, ? foyers ; en 1492, 34 foyers ; en 1526, 80maisons, y compris 1 hôpital, plus 32 maisons à Gobertange et Sclenpré et 29 à Sart et Sart-le-Couvert ; en 1686, 60 maisons, 1 brasserie et 2 tavernes ; en 1856, 372 maisons.

Sections ou hameaux

Mélin, 61 maisons ; Gobertange, 118 maisons ; Hussonpont, 3 maisons ; Sart-Mélin, 69 maisons ; Maisons du bois, 89 maisons ; Bonne Culture (?), 5 maisons ; Chapelle au Bâti, 7 maisons ; Chaviat, 12maisons ; Critique et Sclenpré, 5 maisons.

Le village de Mélin occupe une hauteur au pied de laquelle le Gobertange prend sa source ; l’agglomération n’est pas très considérable, mais elle offre un aspect assez imposant, grâce à quelques grandes et vieilles fermes, la Hesserée, Risbais, etc., qui ont continué à exister.

On appelle Gobertange, c’est-à-dire l’habitation de Gobert (Gobertengeis, AMPLISSIMA COLLECTIO ; Cobretenge, 1147 ; Gobbertingis, 1340 ; Gobbertingen, 1436-1437 ; Gobbertaingnes, 1452 ; Gobbertinghen, 1454 ; Gobertinges, 1546-1547, 1723 ; Gobertanges, 1577 ; Gobertainge, 1695 ; Gobbertange ou Gobbertainge, 1718 ; Gobertenges, 1743 ; Gobertange, 1760, 1777, ( 1783, an VI, an XIII ; Gobertenge, 1772,1773 ; Goberthenge, OUDIETTE), ou quelquefois Gobbertines (1526), Goptange (1630-1631) ou Gouertange (1691), un hameau très important qui s’étend le long du ruisseau du même nom jusqu’à l’endroit où l’on entre dans la commune de Geest-Saint-Remy. Il a un aspect riant qu’il doit à l’aisance dans laquelle vivent la plupart des habitants, grâce au gain qu’ils retirent de l’extraction et de la taille des pierres.

Sclenpré, dont le véritable nom est Slimperheit (1440 ; Slimperheyt, 1571-1572, 1617 ; Slimpereye, 1530 ; Sclemprey, 1568-1569 ; Slimprye, 1711 ; Sclenpré, 1772 ; Sclinpré, an XIII), qui s’étend aussi sous l’Écluse, ne comprend que quelques maisons.

Chapelle au Bâti (Chapelle au Bastys, 1716 ; Chapelle du Basty, 1738 ; Chapelle Notre-Dame du Haut-Basti, XVIIIe siècle ; Chapelle au Batti, à Sarte, an VII) est une petite agglomération sans importance , qui doit son nom à un oratoire placé à l’intersection de cinq chemins, entre Mélin, les Maisons du Bois et Sart-Mélin.

Hussonpont, c’est-à-dire le Pont d’Husson (Husonpont, 1568-1569 ; Diésonpont, LE GUIDE FIDELE ; A Husonpon, 1744 ; Hussonpont, OUDIETTE ; Hussompont, 1788), ne consiste qu’en quelques maisons, dont plusieurs dépendent de Jodoigne.

Sart-Mélin (Sart sous Melin, 1570 ; Sart à Melain, 1725, 1787 ; Sart à Melin, 1737 ; Sart-Melain, 1742, 1784, OUDIETTE ; Sart-Melin, VAN GESTEL, an XIII) s’est établi, comme son nom l’indique, sur des terrains qui étaient autrefois couverts de bois ou de bruyères, à l’époque où les bois de Faignoux, à Piétrebais, de Saint-Servais, à Lathuy, de Mélin, dans le village de ce nom, et des Lombards, à Bauvechain, n’en formaient pour ainsi dire qu’un seul. Les défrichements paraissent y avoir commencé vers l’an 1250, lorsque l’abbaye de la Ramée y établit une ferme ; il prit d’abord le simple nom de Sart (1526), qu’il échangea ensuite pour sa dénomination actuelle. Les habitations voisines de la Ferme de la Couverterie ont parfois été désignées sous le nom de Sart-le-Couvert (1526, 1772, 1784, 1787) et l’extrémité occidentale du hameau par le nom de Hodebierge ou Hodbierge, d’après un manoir que l’on appelait ainsi.

Les Maisons du Bois (1718, 1771, 1774, 1784, an XIII), qui forment actuellement un hameau très considérable, se sont insensiblement élevées auprès d’un manoir que l’on appelait Au Bois, parce qu’il était voisin du Bois de Mélin, ou Cense de la Lecke ; il s’est considérablement accru à la suite du défrichement du bois de Mélin, qui couvrait plus de 90 hectares et que la famille de Robiano a fait abattre, vers 1829.

On a donné le nom de Chaviat à quelques maisons voisines du chemin de ce nom et du grand chemin de Mélin à Bauvechain.

Écarts et maisons isolées

A 1,300 mètres an N.-E., le Moulin à vent de Gobertange ; à 1,500 m. au S.-S.-O., les Cinq Étoiles ou Maison Morsain, habitation bâtie à la limite de Piétrebais, près de l’ancien chemin de Jodoigne à Wavre ; à 2,400 m. au N.-N.-O., la Critique, maison avec un vaste enclos planté de pommiers, dont le nom fut donné par le propriétaire, comte de Robiano, en réponse aux railleries par lesquelles on avait salué l’établissement de cet immense verger ; à 2,500 m. au N.-N.-O., écart de deux habitations, près de la grande ferme de Wahanges, sous l’Écluse ; à 2,800 m. O.-N.-O., autre écart de deux maisons ; à 3,800 m. O., Maison Jean-Joseph Semal.

Lieux dits

Grande Cense du Seigneur, près de l’église et de la cure (1730, 1736), appelée aussi Cense de Rebais on Risbais (Grande Cense de Rebays, 1741) ; Cense Blondeau, dite aujourd’hui Cense Malevé ; Croix sans tête, croix en pierre dont la partie supérieure manque (Croix sans teste, 1760) ; Croix Sainte-Barbe ; Campagne de la Croix, 1718 ; Campagne Sainte-Barbe (1725) ou Campagne de la Croix Sainte-Barbe (1725) ; le Minière (1748) ; Campagne du Moulin à vent (1716) ; Chapelle Sainte-Marie-Madeleine ; Champ des Fosses (Campagne des Fossés, près le Chemin de Gobertange, an VI) ; Champ des Vignes (Sur les Vignes, 1767 ; les Neuves Vignes, aux Vieilles fosses de Gobertange, 1783) ; Bois aux Sapins (1777) ; Campagne du Brondel ; Bois du Mont ; Closière Malhy ; Arbre de Mélin, tilleul magnifique, qui existe depuis longtemps ; Campagne de l’Arbre (1744) ; Vieux jardin ; Campagne du Bois Grande Damme ou plutôt Gradame (1748) ; Bois Dammeaux (XVIIe siècle), Domiaux (1765) ou d’Amont (1767), que l’on appelle actuellement Bois les Dames ; Pré des Dames ; la Hesserée, belle ferme seigneuriale (Cense de Melin dite la Hasserie, 1568-1569 ; Cense de la Heyserie, 1721 ; Cense de la Hesserie, 1723, 1750 ; la Hesserée, 1744. 1759 ; la Heyserée, 1766 ; la Heserée, an VII) ; Bois Buchet, actuellement défriché ; Arbre de la Gloriette ; Cour Goffin ; Campagne Saint-Servais (1718) ; Campagne de Beaulis, Ferme de Sart à Melin (1737) ; Ferme de la Couverterie (Al Couvertrie, 1649 ; Cense de la Coverterie, 1744 ; Cense de la Ramée, dite la Courerterie, 1787), que l’on appelait aussi le Sart delle Ramée (1307) ou le Court de Sart (1486-1487) ; Ruelle du Censier ; Chapelle Notre-Dame des Affligés ; Ferme Ro-berti ; Chapelle Saint-Antoine ou de Sart-Mélin ; Campagne d’Hodebierge, aujourd’hui à Odige ou Opbége (Campagne de Hottebierge, 1570), ainsi appelée d’une ferme dite Hodebierge (Hodeberga, 1222 ; Court de Houdeberges, 1374 ; maison dite Haulteberge, 1530 ; Hodbierge, 1568-1569 ; Hodebierge, 1570 ; Hottebege, 1744) ; Chemin d’Hautebierge (1768), à Hosbeck (1780) ou d’Opbége ; Champ de l’Épinette ; Champ du Sart ; Bois Bourgeois (1725) ; Champ de Leck, jadis borné, d’une part, par le Bois de Mélin, et, d’autre part, par le Bois de Lombards, à Bauvechain, et dont le nom provient d’un manoir que l’on appelait la Cense de la Lecke, (Maison de le Lecque, 1495 ; Ter-Luyckt, 1590 ; Biens de Lecq, 1690 ; Ter-Leckt, 1745,1761), et plus anciennement Au Bois, en flamand Ten Bossche (1374, 1472) ou Vanden Bossche ( 1493, 1556, 1590), manoir qui se morcela en deux parties : la Grande Lecq, dont l’emplacement était remplacé, en 1779, par un bois de 5 bonniers, et le Petit Leck (1664), qui paraît avoir été également démoli ; Aux Clapiennes (1767) ; Bois de Mélin (Bois de Melain, 1718 ; Grand bois de Melain, 1728), dont l’étendue était d’environ 90 bonniers, aujourd’hui défriché ; Ferme Del Mez ou Del May (Al Mez, 1744) ; Fond del Mé (1718) ; Champ du Bosquet, Long bois, Bois d’En haut, Chapelle Sainte Livine, Trou Labas (Ahanière Labas, 1741) ; la Verte Voye ; les Quatorze bonniers ; les Onze bonniers ; Terre du Long fossé ; le Seussiau (Campagne de Seusiaux, 1718) ; Trou du bois ; Arbre de la Justice ; Campagne de la Justice ; Tienne aux cailloux ; Neusart (Novum sartum, 1216 ; Neuf sart, 1570) ; Voie de Louvain ; Voie de Wavre ; Voie de Hougarde ( Voye de Hougard, 1767) ; Chemin des Hougardiers ; Chemin du Moulin, Chemin de Mélin à Bauvechain, dit vulgairement Heyestraete (Chemin de la Bruyère, 1748) ; Voie de Là Haut ; Voie du Chêne (Voie des Chesnes, 1708, 1748) ; Voie du Lévrier ; Voie des Frètes ; Chemin du Tour du Monde ; Chemin de Beaupré ; Chemin du Sabotier ; Chemin Baugniet ; Sentier Collin ; Sentier Pauguet ; Sentier Grosjean ; Sentier de la Traverse ; Ruelle Jacques Gocs ; Sentier Paligot ; Ruelle Binard.

Lieux dits anciens

La Grande brassine (1750) ; Au Vieil moulin a vent (1726) ; Cortil Saint-Pierre (1748) ; Cortil Rocloux ou Vieux château de Gobertanges (1743) ; le Chaufour (1725), qui se trouvait près de la Ruelle Morio ( 1737 ) ; Cortil de Fooz (1748) ; Cortil Husin (1765) ; Cortil Bouvier (1766) ; Cortil Jamaingne (1696) ; Cortil à la Place (1757) ; Hovestat (1495) ou Ter-Hoffstadt (1570), ancienne ferme seigneuriale, qui se trouvait près du Bois de Mélin ; Cortil du Moulin, près le Bois de Mélin (1732) ; Mont à Melin ( 1733 ) ; le Tomvelle, près le Bois de Mélin (1495) ; Haulte Pensée (1708) ou Haute-Pensée (1787), au N.-E. de la Chapelle au Baty ; En Bodenge (1748) ; les Quatre fossés en Bodenge (1748) ; Campagne des Quatre Voies (1718) ; Fond des Béghinnes (1744) ; Campagne du Fossé (1718 ) ; Au Gros fossé, au Fond Delmez (1748) ; Campagne du Bois Jean del Vaux (1718) ; le Scailteur, terre (1725) ; le Sartage, closière (1740) ; Bonnier du Sacrement ou du Vénérable, près de la chapelle de Gobertange ( 1748, an VII ) ; le Monceau (XVIIe siècle) ; Campagne du Pouillu Born (1767) ; Champaigne du Poilu Bonne, entre Melain et Gobertange, 1695) ; Fond Art (1748) ; Trou du Renard (1788) ; Preit Dellemere (1340) ; Bois Van Hamme, qui était franc de dîme (1728) ; Bois François (1748) ; Bois de Sart ( 1744) ; Bois des Bogards d’Hougarde ( 1807) ; Bois de Villers, près de la Bruyère, hameau de Bauvechain, et qui comprenait 12 bonniers (XVIIe siècle) ; Bois de Neusard (1748) ; Taille aux Sapins, près du chemin de la Lecq à Wahange ( 1748) ; Bois Biset, près des Bruyères de Bauvechain (1530) ; Bois le Boucher (1760) ; Bois Bolloy, « sur les Fosses », et qui était déjà défriché en 1767 ; Bois Pironsart, au Grand chemin de Wavre, Bois de l’Épine, Bois Chavée, cités en 1765 ; Bois Guérin, Petit bois dit A Biseck, Bois Bouille, cités en 1748 ; Werichet (1743, 1780) ; Bruyère Jaumain, bien des pauvres, voisin du ruisseau de Gobertange, (1760,1767) ; Sur les Saulx, Ahannière Evrard Remy, Haye d’Irlonval, cités en 1767 ; les Vieilles fosses, anciennes carrières qui, en 1739, étaient abandonnées et converties en terrains incultes, dont le seigneur afferma alors plusieurs parcelles ; Voie des Morts, à Gobertange (1748, 1760) ; Chemin des Planchons (an VI) ; Chemin del Ruelle le Flament (XVIIe siècle) ; chemin dit Haute Straede (littéralement Haute rue, en flamand, 1780) ; « piedcente allant du Moulin à vent à Louvain, dite la Voye morte, (1748)».

Sol

Le territoire de Mélin ne présente, dans sa vaste étendue, que des campagnes légèrement accidentées, sauf, vers le sud-est, où les vallons sont plus encaissés. Le sol, qui est tantôt argileux et tantôt sablonneux, est presque partout d’une grande fertilité. Le point culminant du territoire se trouve au S.-O., à la Campagne de la Sarte, au hameau de Sart-Mélin.

Le sous-sol est en général formé de terrains laekeniens, sauf que près de l’Écluse et à Gobertange les sables bruxelliens dominent. Les uns et les autres affleurent en quelques endroits ; partout ailleurs le limon hesbayen recouvre les couches inférieures du sol.

On trouve en abondance, au hameau de Gobertange et dans la commune voisine de Geest-Saint-Remy, un calcaire pareil à celui de Melsbroeck et qui, de même, sert à la bâtisse et au pavage. Il est jaunâtre à l’extérieur et grisâtre à l’intérieur, où il est assez dur, mais cependant facile à travailler. Ce calcaire, qui se durcit à l’air, est aujourd’hui extrêmement recherché, et ne présente qu’un inconvénient, c’est de ne jamais s’offrir en blocs considérables. Il est d’un aspect très agréable et conserve la netteté de ses arêtes. Son gisement est d’être en couches horizontales et interrompues au milieu des sables calcarifères ; ces couches se trouvent à une profondeur variant de 5 à 15 mètres ; les bancs sont séparés l’un de l’antre par une couche de sable d’une faible épaisseur. On y rencontre à la surface quelques débris de corps organisés fossiles, parmi lesquels Galeotti signale une jolie espèce de lucina contorta. L’exploitation a lieu par bures et galeries souterraines, en ménageant d’espace en espace des piliers de soutènement.

L’extraction se fait au moyen de bourriquets à bras d’homme. Les pierres de Gobertange sont exploitées depuis des siècles. On les a considérablement employées à l’église Saint-Sulpice, de Diest, et aux édifices de Tirlemont, au XVe siècle ; nous avons eu occasion de dire qu’on s’en servit pour un retable de l’abbaye de Valduc et, on 1630-1631, à l’église de Wavre. En 1686, on comptait sept carrières à Mélin, et depuis ce nombre n’a fait qu’augmenter. Il est aujourd’hui de 50 environ, qui emploient près de 300 ouvriers. Gobertange a fourni, non-seulement les excellentes pierres qui ont été utilisées pour rétablir dans leur ancienne beauté les deux principaux monuments de Bruxelles, l’église Sainte-Gudule et l’hôtel de ville, mais encore la plupart des habiles tailleurs de pierre qui, de nos jours, ont ressuscité avec tant de succès l’art du moyen âge, et, dans le nombre, Desneux père et fils, morts tous deux il y a quelques années. Nous avons dit que les pierres de Gobertange ont été employées à paver ; Joseph Pater, de Mélin, en fournit, en 1780, à la ville de Diest, pour la construction de la chaussée allant de Diest à Louvain. Quelquefois on convertit la pierre en chaux et actuellement il y a encore un four à chaux en activité. Le nom de Chaufour était resté à une maison qui, avec ses dépendances, comprenait 9 bonniers et était entourée de haies et de fossés ; après avoir été achetée à Gérard Vandernoot par Jean Remy et Éverard, son fils, elle fut vendue par le fils de celui-ci, Jean Remy, bourgeois de Bruxelles, à Pierre Paul, de Mélin (le 14 février 1725), et celui-ci la céda à Jacques Goes et consorts (le 4 juin 1737).

Le seigneur du village, don Juan do Cordova, ayant fait établir, à grands frais, un haut-fourneau ou forge de fer, obtint du souverain, le 10 mai 1597, l’autorisation de rechercher partout, dans sa juridiction, et d’exploiter les mines de fer qui pourraient exister, à condition de payer au domaine le dixième du produit. Il avait fait observer que, n’ayant pas les mêmes ressources pour se procurer du minerai que les possesseurs de hauts-fourneaux dans le pays de Namur, il se verrait bientôt obligé de faire suspendre les travaux de son usine, ce qui amènerait sa ruine complète. Il ne paraît pas cependant que le fourneau soit resté en activité.

Hydrographie

Tout le territoire de Mélin appartient au bassin de l’Escaut ; les ruisseaux qui l’arrosent sont le Gobertange, le Chebais et le Ruisseau de la Fontaine Brondel.

Le Gobertange ou Ruisseau du Rivage prend sa source dans une prairie au sud de la Ferme de Risbais, arrose le hameau de Gobertange, et entre dans Geest-Saint-Remy, après un parcours d’environ 2,200 mètres, dans la direction de l’E.-N.-E.

Le Chebais ou Ruisseau dHussonpont, affluent du précédent, vient de Jodoigne-le-Marché, forme la limite de cette commune et de Mélin, rentre dans Jodoigne, forme de nouveau la limite entre cette dernière localité et Mélin, et enfin pénètre dans le territoire de Geest-Saint-Remy, après un parcours d’environ 1,100 m., dont 850 mitoyens, dans la direction du N.-E., puis du N.-N.-E.

Le Ruisseau de la Fontaine Brondel se jette dans le Chebais, après avoir formé, sur un espace de 400 m., la limite de Jodoigne-le-Marché et de Mélin ; il coule du S.-S.-O. au N.-E.

Les habitants utilisent l’eau des Fontaines Mahotte, du Renard et du Prêcheur, qui se jettent dans le Gobertange ; en 1570, on mentionne la Fontaine del Vauls.

Il existe un petit étang de 6 ares, nommé l’Étang Quinot.
Habitants.
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On comptait : en 1709, 300, ou, selon un autre relevé, 381 habitants ; en 1784 , 891 habitants : 168 hommes, dont 2 prêtres, 193 femmes, 167 garçons et 123 filles âgés de plus de 12 ans, 120 garçons et 120 filles âgés de moins de 12 ans, ou, suivant un autre relevé, 978 habitants (dans la paroisse, 946 personnes, dont 362 hommes et garçons âgés de plus de 12 ans, 342 femmes et filles âgées de plus de 12 ans, 120 garçons et 118 filles âgés de moins de 12 ans, ou, suivant un second relevé, 994 personnes, dont 303 habitaient Gobertange, 148 Sart-le-Couvert et 271 les Maisons du Bois) ; en l’an XIII, 1,308 habitants, dont 310 à Gobertange, 67 à Sart-Mélin, 64 aux Maisons du Bois, 4 12 à Sclinpré ; au 31 décembre 1831, 1,545 habitants ; au 31 décembre 1856, 1,739 habitants ; au 31 décembre 1867, 1,754 habitants (wallons).

Les anciens registres paroissiaux commencent, pour les baptêmes, en 1695, pour les mariages en 1700, pour les décès en 1696.

Agriculture

Les bois, qui couvraient jadis une grande partie du territoire de la commune, vers le N.-O., ont ensemble 6 hectares ; ils portent les dénominations de Bois de Mélin et Bois des Bogars. Les Neuves vignes de Gobertange, qui couvraient 5 journaux, ont totalement disparu.

D’après les recensements généraux, les exploitations agricoles se classaient de la manière suivante par rapport à leur étendue :
Les exploitations de plus de 50 hectares sont celles tenues par M. Antoine Verhuyght (55 hect.), Charles Malevé (54 hect.- 21 ares), Melchior Périllieux (52 hect. 90 ares, Auguste Loriers (84 hect.), Louis-François Ceulemans (57 hect.), et appartenant : la première (Risbais) et la deuxième (Cense Blondeau) à M. de Robiano.la troisième à l’exploitant, la quatrième (ou Couverterie) à M. Deneck, la cinquième à M. Roberti.
Le nombre des animaux domestiques constaté à Mélin par les recensements généraux s’élevait à :
Un dénombrement spécial, effectué en 1772, constata l’existence, à Mélin, de 159 chiens.
Les terres exploitées par les cultivateurs de la commune se répartissaient ainsi :
Ce chiffre total se subdivisait en biens exploités :
En moyenne l’hectare de terre était estimé à:
En 1770, le bonnier semé de seigle produisait en moyenne trois mesures dites halsters, de ce grain, par an.
L’ancienne verge linéaire a 15 3/4 pieds de Louvain.

Industrie et Commerce

Vers l’année 1488, Guillaume de Fontaines fit bâtir dans sa seigneurie de Mélin un moulin à vent, qui resta bientôt abandonné, par suite des guerres qui désolèrent le pays et de la pauvreté générale qui en fut la suite. Plus tard, on le réédifia et on y joignit un moulin à huile mû par chevaux et une batterie de chanvre. Il avait deux tournants, l’un servant à moudre du grain et l’autre à moudre de la drèche. On l’afferma, avec 5 journaux de terres : le 6 juin 1732, moyennant 350 florins par an ; le 6 août 1740, moyennant 200 fl. et un porc gras ; le 20 août 1749, moyennant 200 fl., un porc gras, et chaque année 10 fl. en sus, jusqu’à l’expiration du terme de location, qui était de 9 années. Ce moulin à vent est bâti en pierres et a trois couples de meules ; il appartient encore à la famille de Robiano et porte le nom de Moulin de Gobertange.

Les seigneurs de Mélin réclamaient un droit de banalité sur les brassages et l’on ne pouvait brasser, sans leur consentement, hors de la brasserie banale. C’est ce que reconnut, le 19 juin 1724, le brasseur Jean Martin, par un acte passé chez Jacques Burette, qui tenait le Franc-Cabaret ; mais le village entier se souleva contre cette prétention et entama un procès qui se termina à son avantage, en 1733, comme nous le disons plus loin. Le seigneur avait, vis-à-vis de la Ferme de la Hesserée, une brassine et « wissine », qui fut donnée en ferme à Ernest Parent, le 29 novembre 1741, à la condition de payer les neuf dixièmes de ce qu’elle produirait. On y payait : 42 sous, de chaque brassin qui se faisait « à double », à la grande chaudière ; 28 sous par chaque brassin, fait à double, à la chaudière volante, et 15 sous, pour le même brassin fait « à simple ». Cet établissement ayant cessé d’exister et la chaudière et les « wissines » en ayant été vendus, on en afferma le bâtiment, dont il ne restait plus que les murailles et la toiture, à Jean-Jacques La Roche, pour 4 florins par an, outre, par an, un chapon, une patte de poule et le cens seigneurial, à proportion de 3 sous et un demi-setier d’avoine par bonnier, et à condition d’y rebâtir, dans l’année, une habitation de la valeur de 100 fl. de change ; la brasserie ne pouvait être rétablie que du consentement du seigneur (31 décembre 1750).

Il a existé en outre une brasserie aux Maisons du bois, que Jean Barette exploitait en 1774, et une à Gobertange, pour l’établissement de laquelle le maire, agissant au nom du seigneur et de la communauté des habitants, afferma à Godefroid Meuleman, moyennant 1 florin par an, jusqu’à révocation, un terrain communal de 35 pieds sur 15 à 18 et une retenue d’eau à l’endroit dit le Werichet (8 avril 1780). Actuellement une seule brasserie est en activité, celle de M. Malevé, au centre du village.
Citons encore un atelier pour le peignage du lin. Environ 50 tailleurs de pierres quittent la commune pendant la bonne saison.

Voies de circulation

La route de Wavre à Hannut par Jodoigne traverse la commune sur une longueur de 2,600 mètres.
Il y a 73 chemins vicinaux et sentiers, mesurant ensemble 68,554 m., dont 7,875 sont pavés.
Le chemin de grande communication, n° 65, de Mélin à Geest-Saint-Jean, traverse la commune sur une étendue de 6,320 mètres.

Histoire

Le village de Mélin s’est formé à une époque très ancienne, à l’endroit où le chemin de Jodoigne à Louvain traverse le ruisseau de Gobertange. Des sépultures antiques ont dû exister un peu plus vers le nord, en un endroit qui porta longtemps le nom de Tomvelle ou Champ de la Tombe.

Le 28 février 1834, en creusant les fondements d’une nouvelle habitation, sur le penchant d’une colline, à Gobertange, on trouva à deux pieds de profondeur un squelette, sans indice de tombe ni de cercueil, et qui, la tête tournée vers l’orient, transversalement à la colline, avait les jambes croisées ; les ossements étaient parfaitement conservés, ce qu’on attribua à l’élévation du terrain et à sa nature argileuse, sur un fond pierreux. Les vieillards de l’endroit prétendaient que cet emplacement avait jadis été boisé, et le père du propriétaire du terrain assura que, vers l’an 1820, on avait déterré au même endroit d’autres squelettes, contenus dans des espèces de cercueils formés de pierres réunies, dont il ne restait aucun vestige, le sol ayant été mis en culture. Le squelette avait au bras droit un bracelet de cuivre doré, sur lequel était attaché, au moyen d’une plaque de cuivre, un médaillon formé d’une feuille d’argent très mince et dorée, entourée d’un cercle d’argent, et sur lequel une figure et une inscription avaient été grossièrement frappées à plusieurs reprises, en relief. Un autre médaillon plus petit, entouré de la même façon, s’est trouvé entre les ossements, avec douze petits boutons d’os, tous semblables. Ces restes curieux appartenaient sans doute à la période mérovingienne.

Au treizième siècle, Mélin était un domaine des ducs de Brabant, qui y possédaient une grande partie du village. En 1278, lorsque Jean Ier voulut marier son fils à la fille du roi d’Angleterre, Edouard Ier, il comprit dans le douaire assigné à cette princesse les biens et les revenus suivants, à Mélin :
Déduction faite de 6 livres 13 sous 4 deniers dont le domaine de Mélin était grevé, il produisait en tout 299 livres 4 sous 8 deniers.

Bien qu’il eût disposé de ce bien en faveur de son fils et de sa future bru, le duc Jean Ier le donna ensuite à des tiers. Afin de gagner à sa cause Gérard de Luxembourg, sire de Durbuy, il lui fit don de 300 livres de Louvain de rente annuelle (acte en date du mercredi après la Saint-Luc, en 1283), pour lesquelles il assigna à Gérard et à sa femme, Mathilde de Clèves, la terre de Mélin près de Jodoigne, avec la justice à tous les degrés et toutes ses dépendances. Et comme le revenu de cette terre ne s’élevait qu’à 260 livres, il y joignit : le manoir et les terres que possédaient à Mélin Wiris (ou Thierri) Loveals et sa femme, et qui produisait annuellement 24 livres, un cens de 13 livres 19 sous et 1 denier à percevoir à l’Écluse, et 40 sous 11 deniers de cens à prendre sur les cens du domaine, à Jodoigne (acte daté du 29 juin 1284). Non content de cette libéralité, notre duc y ajouta le don d’une rente de 200 livres, à prélever sur le produit de la recette du domaine, à Tirlemont (30 mars 1285). De son côté, le sire de Durbuy fit abandon, au profit de Jean Ier, de tous ses droits sur le duché de Limbourg (charte datée de la veille de la conversion de Saint-Paul, en 1284). Ainsi commença la seigneurie particulière de Mélin, dont nous énumérerons plus loin les possesseurs successifs. L’acte par lequel elle fut constituée n’ayant jamais été publié en entier, nous en donnons ici la teneur, d’après un vidimus de l’abbé d’Aline, du 26 février 1405.

« Nous Jehans, par la grâce de Dieu dux de Lotheringe et de Breibant, à tous ceals qui ces présentes lettres verront et orront, faisons congnissant que comme nous aviens doneit à nouble homme, nostre chier féable Gérard de Lucelborch, siguor de Durbuy, et à nouble damme Mahaut, dame de ce meisme lieu, sa feme, notre chière cuisine, trois cens livrées de terre à Louvignois en fiés et en homaige, laquelle terre nous leur eûmes en couvent et promesimes à asseneir bien et léalment en Breibant, en ban et en justice, par assise de terre, dedens le Noël qui passés est darrainement, ensiet qu’il est contenut ens lettres qui de ce sunt faites, Nous, pour l’assennement des dictes trois cens livrées de terre à faire et remplir, leur donons et assennons hiretaublement, en ban et en justice haute et basse, Meilent deleis Joidoigne et touttes les apertenances qui y apertionnent, en fons et en comble, en villes, en bois, en terres, en preis, en eauwes, en cens et en rentes, en touttes entrées et eissues, en tous privilaiges, en tous manimens, en touttes seigneries, en toutes droitures, en homaiges, et en ce que on dist le cerquemanaige, et en touttes autres coses, si que riens ne retenons en la dicte ville de Meilent, ne ens. apertenances de li, mais leur donons héritaublement à tenir en touttes seigneries et en toutes droitures ensit que dit est, pour deus cens et seixante livrées de terre à Louvignois par an, et leur donons aussit avec le manoir et la terre que Wiris dit Loveals de Haley, nos bailhis, y avoit et tenoit, lequel manoir et laquelle terre li dis Wiris Loveals prist en mariage avec dameselle Alis sa feme, fille jadis de Hodebierge, et ce qui apertient à dit manoir et à la dite terre et qu’il avoit et tenoit en toutes autres choses et en toutes droitures dedens la parroche et le teiroi de Meilent, de par lui et de part dameselle Alis sa feme, soit en cens ou en rentes ou en aquest ou en autre chose, pour vint et quattre livrées de terre à Louvignois par an, et tout devant dit leur donons nous en ban et en justice haute et basse entirement, ensit que dit est. Et pour parfaire l’assennement des dites trois cens livrées de terre à Louvignois, nous leur donons et assennons a Lescluse treze livres et dix et nuef sols et un denier Lovignois de cens à prendre et à leveir cascun an en tel seignerie et en tel manière que nous li aviens et prendrions et à nos cens de Jodoigne à la Saint Jehan Baptiste leur devons nous et assennir quarante sols et onze deniers Lovignois, à penre et à leveir chascun an à la dicte .Saint Jehan, en tel manière que cils qui notre dit cens de Jodoigne lèvera et prendera, en paiera à leur maior de Meilent chascun an, au dit termine de la dite Saint Jehan là devant dis, quarante sols et onze deniers Lovignois, sans deslay, des premiers deniers, qui pris et leveis en seront, et ensit leur donnons nous et assennons les dis trois cens livrées de terre à Louvignois ens ès lieux devant dis, en le manière desor dite et dovisép. Lesquelles trois cens livrées de terre à Lovignois li devant dit Gérart et Mahaus tenront toutes leurs vies entièrement de nous ot de nos hoirs en fiés et en homaiges, et après leurs décès la dicte terre revenra à dameselle Mahant leur fille, nostre cuisine, qui la tenra héritaublement, elle et si hoir, de nous et de nous hoirs en fiés, et se la dite dameselle Mahaus n’avoit sens hoir de son corps, la dite terre revenroit as hoirs de devant dis Gérars et Mahaut, sa feme, qui la tenroient héritaublement de nous et de nous hoirs en fiés. Et eu cest don et en cest assennement de la dite terre devons nous wardeir et warandir les devant dis Gérars et Mahaut, sa feme, et Mahaut leur filhe et leur hoir, nous et nos hoir perinenablement de tous hommes bien et léalment, si com sires, et li devant dis Gérars et Mahaus et dameselle Mahaut leur fille et leur hoir tenront héritaublement en fiés et en homaige la dite terre de nous et de nous hoirs, ducs de Breibant, ensit que dit est et deviset, et pour ce que che soit ferme chose et estauble, leur avons nous donnet ces présentes lettres saellées de notre séal. Et à ces choses furent présens messires Goddefrois, mes frères, sires d’Arescot et de Vierzon, messires Henris, nos cousins de Gazeberch, sires de Harestailh, messires Wautiers Bertale, sires de Malines, messires Wautiers, ses fils, monsignor de Walhein, messires Wautiers Volkart et monsignor Frauke de Wanghe le seneschal, mes hommes et féables, qui a me requeste y ont mis leurs séals avoecq le mien en tiesmoignaige de veritet. Che fu fait et donneit à Brouxelle, l’an de grasce mil deus cens quattre vins et quattre, le jour de la feste saint Piere et saint Pol apostles. »

Il est toutefois à supposer que la duchesse Marguerite conserva quelques droits sur Mélin, car, le 4 avril 1307, elle autorisa l’abbesse Béatrix et les autres religieuses de la Ramée, moyennant un cens annuel de 2 deniers, à changer la direction d’une voie qui va par delà « leur maison et leur court (curtis, ferme), qui gît à Sart delle Ramée. » Cette faveur fut accordée à l’abbaye, du consentement de toute la ville de Sart (c’est-à-dire du consentement de tous les habitants de ce hameau); un acte en fut passé en présence des échevins de Mélin et, à la demande de Marguerite, le duc Jean II, son mari, et l’échevinage de Mélin y apposèrent leurs sceaux.

En 1411-1412, un habitant du village, nommé Rase Hepbruwer, cita l’un de ses voisins par-devant le maire et les échevins. Son adversaire l’ayant prié de lui « donner un assurément », c’est-à-dire de promettre de ne pas l’attaquer, Hepbruwer se jeta sur lui et le frappa au visage, en criant : « Voilà votre assurément ». Il fut aussitôt arrêté ; mais, comme il était bourgeois de Louvain, il dut comparaître devant les magistrats de cette ville, qui le condamnèrent, pour cet acte de violence, à un pèlerinage à Saint-Jacques en Galice, rachetable moyennant 20 couronnes, dont 10 pour le maire de Louvain et 10 pour celui de Mélin.

Le village souffrit considérablement des guerres civiles de la fin du XVe siècle, puis se releva pendant le règne de Charles-Quint, mais fut de nouveau dévasté pendant les guerres de religion. Le seigneur, Thierri Bouton, ayant adhéré à la rébellion contre l’Espagne, la seigneurie fut mise sous séquestre par ordre du duc d’Albe et un état de situation dressé, le 11 août 1568, par deux commissaires, maître Josse de Brade et maitre Philippe de Schoonhoven. Le même mois de 1568, l’armée du prince d’Orange vint camper autour de Jodoigne et se répandit jusqu’à Mélin, qu’elle mit au pillage. Bouton lui-même y vint et s’y logea avec un grand nombre de cavaliers et de piétons. Le chapelain, sire François Gielle, fut poursuivi et n’échappa à la mort qu’en se cachant dans une cheminée. Quant au curé, maître François de Buret, qui devint peu de temps après archidiacre de Deventer, il dut également se sauver, « pour avoir défendu, » avec trop de ferveur, de rompre les images. » Lorsque la seigneurie fut restituée à la dame de Mélin ; en 1576, les villageois avaient été « tant mangés et pillés » que les receveurs des confiscations n’y avaient rien pu recevoir, d’autant plus qu’une maladie contagieuse y avait sévi pendant trois ans. Lorsque, après la reddition de Louvain aux Espagnols, le prince de Parme fit de nouveau séquestrer ce domaine, on ne put d’abord rien y recevoir, « à cause de la ruine générale » de la population.

Le 10 février 1569, le drossard de Brabant arrêta à Mélin, comme convaincus d’une foule d’escroqueries et de vols, une troupe de vagabonds, qui se disaient appartenir à la nation de la Petite-Egypte, et qui avaient pour chef un nommé Julien de la Roche, né à Silbourg (?), en France. Leurs chevaux et leurs effets furent saisis et vendus pour la somme de 80 florins 11 sous. Les hommes qui, tous les quatre, étaient français, furent fouettés, le 13 mars, à la justice de Haeren-Heyde, près de Bruxelles, puis bannis, ainsi que les cinq femmes qui les accompagnaient. Entre les années 1600 et 1604, on arrêta dans le village, comme sorcière, Isabeau Herion, mais elle fut en vain interrogée, à deux reprises , puis torturée ; on ne put lui arracher d’aveu ; malgré ses dénégations, elle fut condamnée au bannissement.

Le village de Mélin consistait en un grand nombre de belles « censes » et de maisons de manœuvriers lorsque commença la guerre de 1689. Au mois de décembre 1690, dans une course destructrice à travers le Brabant wallon, le marquis de Boufllers le réduisit en cendres ; 23 des meilleures habitations et la grande brasserie périrent dans ce désastre, dont on évalua le montant à 150,000 florins. En 1693, pendant le campement des Français à Bauvechain, Tourinnes et l’Écluse, les maisons qui avaient été rebâties et le restant du village furent de nouveau livrées aux flammes ou abattues, l’église fut complètement pillée, « avec les deux chapelles étant sur les appendices, » les quatre cloches de la tour furent enlevées. Les paysans avaient été épuisés en outre par les fourragements des alliés, notamment en 1692, lorsque de nombreux convois allèrent de Louvain au camp de Ramillies, pendant le siège de Namur par les ennemis, et ensuite, lorsque don Castillo se posta â Jodoigne, lors du bombardement de Charleroi. D’après une déclaration du bailli et des échevins, du 20 février 1694, le peu d’habitants qui avaient eu le courage de rester sur ce territoire désolé pouvaient à peine se procurer du pain pour subsister. Ils avaient réfugié leurs grains à Jodoigne, au mois d’août 1695, lorsque cette ville fut complètement pillée par les Français ; ce dernier coup força la plupart d’entre eux à émigrer, ainsi que les gens de loi de la localité le déclarèrent, le 16 mars 1696.

Vers l’année 1720, le seigneur du village prétendit avoir le droit d’établir un franc cabaret et une brassine ou brasserie banale, c’est-à-dire le monopole de la vente et de la fabrication de la bière. Une première sentence lui donna raison ; mais les habitants réclamèrent énergiquement et résistèrent à ses exigences, en alléguant la liberté dont ils jouissaient à cet égard, de temps immémorial. Pendant les débats, le seigneur ne parvint pas à établir son droit de banalité, en produisant un titre formel. Par une sentence rendue le 20 mai 1733, le conseil de Brabant rejeta la « requête civile du rescribant et relevant en tant que besoin les suppliants de la sentence contumaciale du 7 janvier 1724 mentionnée au procès-verbal, » déclara que « le rescribant n’étoit pas en droit d’assujettir les suppliants au droit de brassine bannale et de franc-cabaret prétendu par lui au procès, » lui ordonna de faire « cesser tous obstacles qui pourroient empêcher la liberté des suppliants,» et le condamna aux dépens.

Au dix-huitième siècle, les querelles et les rixes étaient extrêmement fréquentes. Un tailleur de pierres, du nom de François Rivage, fut longtemps la terreur de toute la population et, avant qu’il fût emprisonné à Louvain, à la porte de Diest (en 1777), personne n’aurait osé le contredire, de crainte d’être tué ou de voir sa maison livrée aux flammes. Le 14 décembre 1785, un domestique de la ferme de Wahanges, François Hendrick, fut roué de coups de bâton dans le parvis de l’église paroissiale, à la sortie de la messe « d’aurore » ou messe du matin. L’église fut fermée et ne se rouvrit que le 22, après avoir été réconciliée par le doyen rural. L’auteur du méfait avait voulu se venger d’avoir été lui-même battu par la victime, deux mois auparavant, en revenant de la kermesse de Piétrebais.

La révolution brabançonne vint encore attiser ces querelles. Le seigneur, M. de Limpens, était l’un des hauts fonctionnaires de l’administration ; il était par conséquent joséphiste, tandis que la plupart des habitants appartenaient au parti des patriotes. Le marguillier Jean-Baptiste Meuleman et ses fils, Guillaume et Jean-Joseph Meuleman, se rangèrent dans le premier de ces partis et eurent des altercations violentes avec le curé. Des insultes, des coups de feu furent échangés et l’autorité de l’empereur était rétablie depuis plus d’un an que la tranquillité du village était encore troublée par des querelles. Les patriotes accusaient les Meuleman de ne chercher qu’à semer la discorde ; ceux-ci, de leur côté, se plaignaient des dégâts qu’on avait causés à leurs propriétés parce qu’ils étaient restés fidèles à leur souverain légitime.

Organisation judiciaire et administrative

Le village de Mélin formait, dans le Brabant wallon, une mairie particulière, dont elle constituait à la fois le chef-lieu et la seule dépendance. Quelquefois on la rattachait au quartier de Jodoigne. Depuis l’an III, elle a constamment ressorti au canton dont cette dernière localité est le centre.

La justice à tous les degrés appartenait au seigneur et était rendue en se conformant à la coutume de Louvain, où anciennement les échevins allaient en appel. Il se tenait, chaque année, quatre jours de plaids généraux, où tous les habitants du village étaient astreints à comparaître, sous peine de 21 sous d’amende, sauf le cas où, pour des raisons légitimes, on aurait obtenu du bailli la permission de s’absenter. Le jour d’un plaid général, on sonnait la cloche à midi, trois fois, pendant une heure. Après le dernier coup de cloche, le bailli, en présence de la cour (c’est-à-dire du maire, des sept échevins, du greffier et du sergent), appelait au nom du seigneur chaque habitant par son nom. Après que chacun avait répondu, il s’écriait : « S’il y a quelqu’un qui ait des plaintes à charge de son camarade, nous sommes ici pour lui rendre justice ». Les réclamants faisaient alors leurs demandes de vive voix et les accusés répondaient de même ; puis la cour, à la semonce de l’officier ou maire, prononçait sa sentence, qui était enregistrée par le greffier, et pour laquelle on ne devait rien payer ; cette sentence était sans appel, à moins que la somme en litige n’excédât 6 florins, auquel cas le demandeur pouvait être autorisé à plaider par écrit. Au XVIIIe siècle, le seigneur nommait un juge délégué ou d’appel, par devant qui devaient s’intenter et se poursuivre tous les appels des sentences rendues par les échevins ou par les hommes de fief de Mélin. Ce juge était assisté par deux assesseurs et un greffier, désignés par le seigneur et tous devaient être licenciés en droit. Leurs décisions n’étaient pas prises en dernier ressort ; lorsqu’on en appelait, on devait avoir recours au conseil de Brabant et, pour le cas où il s’agissait d’un fief, à la cour féodale de Brabant.

Les Archives du royaume possèdent les œuvres de loi passées devant les échevins, de 1680 à 1795 ; le rôle des causes portées devant l’échevinage, de 1699 à 1789, les comptes des tailles du village, de 1702 à 1733, des pièces processales, etc.

Le sceau échevinal, de forme ronde, offrait un pigeon tenant dans son bec un rameau d’olivier, et pour légende : S. COMUNE SCABINORUM DE MELIN. D’après les héraldistes, les armoiries du village étaient : d’azur : à un pigeon d’argent, becqué et membre de gueules, tenant en son bec une branche d’olivier, de sinople.

La législation était très peu favorable à l’admission des étrangers dans la localité. Un jeune homme de Grez, nommé Jean-Baptiste Renard, maître maréchal et serrurier, ne fut autorisé par le majeur Francquen à s’établir à Mélin qu’à la condition de présenter une caution de 300 florins de change, comme garantie de « ses bons comportements ». Ce fut un autre jeune homme, Jacques Genin, qui répondit pour lui.

Il y avait à Mélin une gilde de l’arc, qui reçut un règlement de la chef-gilde de l’arc à Louvain le 30 mai 1638. Elle parait s’être organisée en 1668, à en juger par un dessin qui se voit sur le plus vieux registre des œuvres de loi de l’échevinage et où figure saint Sébastien, placé entre deux trousseaux de flèches. Sur les côtés, on voit à droite, un écusson de gueules à la croix d’argent, cantonnée de quatre petites croix de même (armoiries ordinaires des gildes d’archers) et, à gauche, un écu de gueules à la fasce d’argent (qui est Louvain). Au bas on lit : SEBASTIANVS VERKRIIGHT DR CROON VAN MARTELAER.

La commune possédait autrefois quelques terrains, où il était défendu de pâturer des moutons, comme nous l’apprend une sentence du 31 mai 1738, prononcée à charge du fils de Gilbert Minet, qui avait conduit 150 moutons sur la commune dite la Chapelle au Basty. Lorsque le gouvernement autrichien engagea les communautés à aliéner leurs bruyères ou communes, celle de Mélin sollicita l’autorisation de vendre les siennes, mais on lui refusa cette permission parce que ces bruyères étaient entremêlées « de verd gazon», c’est-à-dire de prairies. Néanmoins les maire et échevins insistèrent pour vendre un demi-bonnier situé entre la brasserie seigneuriale et Gobertange, « qui était bourbeux, marécageux et ne produisant rien » (6 novembre 1773).

Le budget, pour l’année 1870, présente les chiffres suivants :

Seigneuries et châteaux

Au XIIe siècle, on mentionne des chevaliers de Mélin et, entre autres, Ségard de Mélin, qui, antérieurement aux années 1177 et 1180, donna à l’abbaye de Villers, pour la tenir à charge d’un cens annuel, une partie de son fief. Un Godefroid de Mélin tenait en fief d’Arnoul, sire de Wesemael, la dîme et le patronat de l’église du village ; il en fit don aux abbayes de la Ramée et de Florival, avec l’assentiment de son suzerain, comme nous l’apprenons par une lettre adressée par Arnoul à Hugues de Pierpont, évêque de Liège ; par une charte de ce prélat, du mois de novembre 1228, et par des bulles des papes Grégoire IX et Clément IV, datées de Pérouse, le 9 août 1229, et de Viterbe, le 30 mai 1267. Mais, comme la dîme de Mélin était partagée entre plusieurs laïques, une seule donation ne suffit pas pour en transmettre la propriété aux religieuses de la Ramée. Elles en obtinrent une partie de Pollars, de Louvain (chartes, sans date, de l’évêque Hugues, et du 25 avril 1241, de l’évêque Robert). Le chevalier Lambert de Corbecche renonça à tous les droits qu’il avait sur cette dîme, du consentement du duc Henri 1er et de Henri, son fils aîné (acte daté de Tervueren, au mois de juin 1229), et, plus tard, le chevalier Henri de Orthebeke renonça au huitième de la dlme de Mélin et des offrandes faites dans l’église de ce village , qu’il tenait en fief d’Arnoul de Hortebeke, et celui-ci de Hugues, « noble homme de Helleceyns ou Heylissem » (diplôme de Henri, élu de Liège, du mercredi après l’Ascension, en 1250, et bulle du pape Clément IV, datée de Viterbe, le 13 juillet 1267).

Une autre partie du village appartenait aux Hodeberge ou Hodebierge, qui formaient sans doute une branche de la famille des seigneurs d’Huldenberg près de Bruxelles. En 1222, le chevalier Arnoul de Hodeberge, avec l’assentiment de Henri, fils aîné du duc de Brabant, cèda à l’abbaye d’Alne trois bonniers de terres situés à Mélin. Une fille de Heineman de Hodebierge , Alice, épousa Wiris ou Thierri Loveal de Haley ou Hallet, et lui apporta en mariage une seigneurie dont le revenu annuel s’élevait par an à 21 livres, et que le duc Jean Ier, dont Wiris était le bailli, acquit pour en faire don à Gérard de Luxembourg, en 1284. Une seigneurie de Houdeberges, de laquelle dépendaient sept hommages et plusieurs tenanciers, fut encore relevée du duché de Brabant au XIVe siècle par Arnoul Hannins, de Sart-le-Couviers, puis par Henri Hannyn, son neveu ; mais, plus tard, nous en perdons les traces.

Ce fut le duc Jean 1er qui, en 1284, transforma le village de Mélin en une seigneurie particulière au profit d’un fils de Waleran, duc de Limbourg, et d’Ermesinde, comtesse de Luxembourg, Gérard de Luxembourg, sire de Durbuy. Au modeste patrimoine des Huldenberg, Gérard joignit alors la justice à tous les degrés et tous les droits que le duc possédait dans le village. De sa femme, Mathilde de Clèves, fille de Thierri, comte de Clèves, et d’Elisabeth de Brabant, il n’eut que des filles, dont l’une, Mathilde, à laquelle Mélin échut en exécution d’une clause de la charte du duc Jean, s’allia à Baudouin, sire de Fontaines.

Baudouin mourut en 1295. Il eut plusieurs enfants, entre autres Baudouin, sire de Fontaines, et Jean de Fontaines, seigneur de Sébourg. En 1312, nous trouvons Baudouin en possession de cinq rentes féodales sur le duché de Brabant et tenues de ce duché en fief : 200 livres sur le péage de Thiel, 200 livres sur le péage de Littoyen, 300 livrées de terres à Mélin et aux environs, 200 livres sur le domaine de Tirlemont et 30 livres sur le tonlieu d’Anvers, en tout 930 livres par an. Ce seigneur de Fontaines encourut la colère du duc de Brabant Jean III, qui le fit arrêter, puis le délivra lorsque le comte de Hainaut Guillaume, le comte de Namur, Jean de Flandre, et le sire de Beaumont, Jean de Hainaut, se furent portés cautions pour lui, sous peine de payer 20 livres de noirs tournois (22 juillet 1318). Le sire de Fontaines épousa, dit-on, Jeanne d’Avesnes. Sa fille Elisabeth porta les seigneuries de Fontaines et de Mélin à Jean de Condé, sire de Morialmé et de Beloeil, père de Robert de Condé, qui releva la terre de Mélin et reçut du duc et de la duchesse de Brabant, le lundi avant la fête de Saint-Pierre entrant en août, en 1357, la somme de 150 1/4 écus philippus pour services rendus à la guerre.

Robert, qui mourut en 1358, fut père de Jean, seigneur de Morialmé, qui accrut la seigneurie de Mélin de celle de Gobertange, qu’il acquit de Jean de Dongelberg. Jean de Condé mourut en l’année 1391 sans laisser d’héritiers, et sa riche succession fut morcelée. Mélin retourna aux descendants de Jean de Fontaines, seigneur de Sébourg, dont le fils, nommé aussi Baudouin, avait eu d’Elisabeth ou Éléonore d’Aspremont, un autre Baudouin.

Celui-ci releva Mélin après Jean de Morialmé. Il combattit à Bastweiler sous la bannière du sire de Montigny et, en 1374, reçut une somme de 3,096 moutons en indemnité des pertes qu’il avait faites à cette bataille. Il mourut, suivant les généalogistes, en 1398, laissant plusieurs fils, nommés Baudouin, Jean et Jacques, et des filles, dont l’une fut la femme (weerdinne) de sire Wenceslas T’Serclaes.

Baudouin, sire de Fontaines, l’aîné des fils de ce seigneur, releva Mélin en 1403-1404. Comme la rente de 200 livres sur le domaine de Tirlemont n’avait pas été payée très régulièrement, il envoya quelques-uns de ses gens à Antoine de Bourgogne, alors duc de Limbourg, pour en réclamer les arrérages. Après quelques négociations, il renonça à tout ce qu’il pouvait y prétendre, tant en capital qu’en intérêts échus, moyennant le paiement de 3,300 couronnes d’or de France, de bonne monnaie et de bon poids ( acte daté de Fontaines, le 12 juillet 1405). Comme, selon les coutumes de Brabant, une partie de cette somme devait revenir à ses frères et sœurs, il promit au duc de le garantir contre toute réclamation de leur part (28 juin 1411). Il mourut sans avoir eu d’enfants de sa femme, qui était fille du seigneur d’Antoing.

Son frère Jean, qui fut tué à Azincourt en 1415, avait reçu de Baudouin, leur père, une rente sur le domaine de Bois-le-Duc, que le duc Jean III avait assignée, le 28 avril 1354, à « son amé cousin », Baudouin de Fontaines, en attendant que le duc de Gueldre lui fit payer la rente qui était prélevée autrefois, à son profit, sur le péage de Thiel. Cette dernière ville ayant été cédée à la Gueldre, la rente des Fontaines fut transférée sur les revenus du duc de Brabant à Bois-le-Duc, et Jean en fut mis en possession par ordre de la duchesse Jeanne, le 22 février 1396-1397. Le 14 mai 1405, le duc Antoine ordonna de payer à Jean et à sa sœur, Mme T’Serclaes, l’intérêt de cette rente, soit 22 livres 4 sous 8 deniers de vieux gros.

Jean de Fontaines eut de Mathilde de Saint-Géry Baudouin, sire de Fontaines et de Mélin (par relief du 6 mars 1420-1421), Mathilde et Agathe, qui partagèrent les biens de leurs parents le 24 juillet 1430. Il parait qu’en 1413, après la mort de son oncle, qui lui avait fait donation de ses biens, et sous prétexte que les seigneuries de Mélin et de Souvré avaient été « célées et soustraites au duché de Brabant », le duc Antoine avait chargé Henri de Berghes, seigneur de Grimberghe, sénéchal de Brabant, de les mettre sous séquestre ; Jean IV accorda au jeune Baudouin mainlevée de cet arrêt, à condition de tenir les deux seigneuries précitées en fief du duché (22 mars 1415-1416). Dans la suite Baudouin encourut encore le mécontentement de son souverain, car le duc Philippe de Bourgogne fit de nouveau saisir la terre de Mélin et la rente de 16 livres de vieux gros payée à ce seigneur sur les revenus de Bois-le-Duc, et les chancelier et conseil de Brabant autorisèrent le duc à les réunir à perpétuité à son domaine, comme forfaits (en flamand, verboert). Mais cette sentence, qui date du 11 février 1437-1438, ne fut pas mise à exécution, car, dès 1440, Baudouin était de nouveau en possession de la terre de Mélin.De lui et de Marie, fille de Gérard, seigneur de Ville, naquirent Baudouin, qui continua la lignée des sires de Fontaines, Guillaume, seigneur de Mélin, et Isabelle, qui épousa d’abord sire Louis de Dongelberg, puis Antoine, seigneur de Roisin, et reçut de son frère, en se mariant avec Antoine, une rente de 250 livres de Hainaut, hypothéquée sur Mélin et sur la seigneurie voisine de l’Ecluse, dont son père Baudouin avait fait l’acquisition (r. du 23 juillet 1485).

Lorsque le chevalier Guillaume de Fontaines s’allia à Marie de Rêves, son père lui abandonna la propriété des terres de Mélin et de l’Ecluse, en ne s’en réservant que l’usufruit pour lui et sa femme, et à la condition que si Marie de Rêves mourait avant son beau-père ou sa belle-mère, Guillaume serait mis immédiatement en possession de la terre de l’Écluse, à charge de payer une rente de 100 florins du Rhin, tous les ans, à sa sœur Elisabeth, qui était veuve de son premier mari (r. du 28 avril 1172). Guillaume se remaria depuis à Isabelle de Boschuysen, veuve de Jacques de Glimes, seigneur de Grimberghe, et lui assigna pour douaire la seigneurie de l’Écluse ; de plus, il accorda à sa belle-fille, Jeanne de Grimberghe, une rente annuelle de 50 florins du Rhin sur la même terre (r. du 31 juillet 1507). Guillaume, en qualité de membre de l’état noble du pays de Liège, approuva, le 5 mai 1492, le traité conclu entre l’évêque et le pays de Liège et la famille d’Arenberg.

N’ayant pas d’enfants, ce seigneur laissa Mélin à son neveu Baudri, sire de Roisin (r. du 28 janvier 1508-1509). Celui-ci avait pris pour femme Jeanne de Fontaines, qui lui apporta en mariage une rente annuelle de 200 livres de Hainaut (r. du 22 juin 1504) ; il en eut, entre autres enfants, Jean, qui hérita de cette rente (r. du 22 mars 1509-1510). Baudri, fils aîné de Baudri, eut Mélin en partage (r. du 20 octobre 1510, épousa Jeanne du Sars, qui était veuve dès le 27 août 1515, et fut père d’un autre Baudri (r. du 22 novembre 1510). On célébrait, dans l’église de Mélin, l’anniversaire d’un de ces Baudri, pour lequel on payait 25 sous par an à la fabrique. Le dernier prit pour femme Gillette, fille de sire Louis de Revel, chevalier de Dordreny, avec laquelle il vendit Mélin au chevalier Philippe de Hamal, seigneur de Monceau (r. du 18 septembre 1540). Antoine de Croy, seigneur de Fontaines, opéra le retrait de cette seigneurie (7 août 1550), mais pour la vendre au chevalier Claude Bouton, seigneur de Corbaron (r. du 16 avril 1554).

Claude fut père de Thierri Bouton, seigneur de Corbaron (r. du 22 juillet 1556) et d’Anne, femme de Noël de Montmorency, à laquelle il assigna, par son testament, une rente annuelle de 500 fl. du Rhin, hypothéquée sur Mélin. Thierri ayant adhéré à la ligue des Gentilshommes belges contre les odieux placards de Philippe II, ses biens furent confisqués, en 1568. Quant à lui, il prit la fuite, en emportant les registres féodaux et censaux relatifs à ses domaines, ce qui mit les délégués du duc d’Albe dans l’impossibilité d’y prélever les cens. Sa femme, Barbe Lopez de Villanova, en partant, confia la garde des récoltes conservées dans les granges seigneuriales au prêtre François Gielle, qui n’y trouva que 8 muids 5 setiers de froment, 4 m. 5 1/2 s. de seigle, 2 m. 2 s. d’épeautre et 14 m. 3 1/2 s. d’avoine. Ce fut lui qui prit alors en ferme, moyennant 12 livres d’Artois, la maison « où se tenoit le seigneur », moyennant 6 livres 10 sous un jardin à houblon contigu, moyennant 14 livres un colombier et l’étang environnant.

En vertu du traité de paix conclu entre les Etats généraux et le prince d’Orange, le 8 novembre 1576, les émigrés rentrèrent en possession de leurs biens. Barbe Lopez, devenue veuve, fit le relief de la seigneurie de Gobertange, et ses filles Sabine, Marie et Jeanne relevèrent Mélin, le 15 juin de l’année suivante. La guerre civile ayant recommencé, cette terre fut de nouveau confisquée par ordre du gouvernement espagnol, mais madame Lopez prouva, par une attestation des magistrats de Louvain, qu’elle avait tenu résidence à Anvers depuis le traité pour la réconciliation de l’Artois et du Hainaut avec le roi jusqu’à la soumission d’Anvers même, et comme elle devait être, pour cette raison, comprise dans la capitulation d’Anvers, ses biens lui furent rendus.

Sabine avait épousé Jean de Cordova, capitaine d’une compagnie de lances au service des archiducs Albert et Isabelle, puis conseiller de guerre et maître de camp dans le Milanais ; elle fut mère de don Juan de Cordova, capitaine au service d’Espagne (r. du 6 novembre 1626). Celui-ci étant mort sans postérité, Mélin fut partagé par tiers entre son neveu Diégo, fils de don Martin de Cordova, et ses sœurs, dame Éléonore, qui épousa Alexandre Secca et Arragon, marquis de Forneau (r. du 13 mars 1638), et Philippine, gouvernante du collège royal de la comtesse de Guastalla, à Milan. Bientôt le domaine du village fut de nouveau réuni, Anne-Marie de Cabiro d’Espinosa, veuve de don Albert Vacca de Benavides, ancien menin de l’infante Isabelle, capitaine de cuirassiers, en ayant acheté un tiers à don Diégo (le 23 juin 1650) et deux autres tiers à ses tantes et à son cousin, don Juan Mario Seco, marquis de Forneau (r. du 18 juillet 1652). La cour féodale réclama de l’acquéreur un triple droit de relief, comme si Mélin avait formé trois fiefs distincts ; mais, sur les observations de la dame de Benavides, le gouverneur général consentit à ce que la seigneurie fût dorénavant considérée comme un seul fief, à la condition qu’il serait payé, pour cette fois, un double droit de relief, soit 250 livres de 40 gros de Flandre (acte daté de Bruxelles, le 24 mai 1653).

La nouvelle dame de Mélin donna cette seigneurie à son fils, Philibert de Sotomayor Manoel Benavides et Guevarra, seigneur de Villabuena dite Palomar et de Parpagon en Espagne (r. du 19 avril 1656), qui se qualifiait parfois comte de Palomar, et qui fut créé marquis de Mélin par lettres patentes datées de Madrid, le 23 août 1655, en considération des services de ses parents et, entre autres, de son père, de son aïeul, François de Sotomayor, veedor général de l’armée, membre du conseil de guerre ; de son oncle, Philippe, capitaine de cuirassiers ; de son frère aîné, François de Sotomayor, page de guyon de l’archiduc Léopold-Guillaume et qui venait d’être tué d’un coup de mousquet à la bataille de Dunkerque ou des Dunes (r. du 22 avril 1656).

Le 10 mai 1659, sire Philibert consentit à ce que le don que sa mère lui avait fait fût chargé de cette clause, que, s’il mourait sans enfants, la seigneurie de Mélin retournerait à sa mère et constituerait un de ses biens propres. Cette éventualité ne se présenta pas. Le marquis, qui mourut en 1688, épousa, en 1660, Madeleine-Adrienne de Gamarra y Contreras, qui est qualifiée, en 1721, « comtesse de Palomar, marquise de Mélin, dame de Torreblanca, de Cabillo, de Endunales en Castille, de Villabuena, de Parpagon, de Lappoigne, de Ryn, de Sneppel, de Thol, de Ten-Bossche, de Ten-Eycke, de Pyn, de Hesselinck, de Ter-Donck, de Ter-Becke, de Nedervene et de Hauteburge ». De cette union naquirent quatre fils : don Estevan (r. du 24 janvier 1691), mort à Bruxelles en 1706 ; don Pedro et don Francisco, maîtres de camp et brigadiers au service d’Espagne, morts quelques années après, et don N, capitaine au service d’Autriche, tué en Allemagne en 1694.

Leur mère, que don Francisco avait instituée sa légataire universelle, mourut en 1722, après avoir testé en faveur de Philippe-Jacques Vander Laen, seigneur de Bisecq, qui avait été anobli et créé chevalier du Saint-Empire par l’empereur Charles VI, le 28 octobre 1716. Lorsque M. Vander Laen mourut, il y avait plus d’un demi-siècle qu’on n’avait opéré le relief de la seigneurie ; la cour féodale exigea alors les reliefs arriérés et en réclama le paiement en triple, ce qui portait le droit à 1,176 fl. 5 sous ; on essaya d’en obtenir une réduction au tiers, mais le ministre Cobenzl rejeta cette demande (11 juillet 1757). M. Vander Laen avait épousé Jeanne-Françoise Van Aerdenbodeghem, qui lui avait donné deux filles : Marie-Madeleine et Isabelle-Norbertine Vander Laen (r. du 11 octobre 1757). La première épousa Gérard-François-Xavier de Herckenrode, ligueur de Raetshoven ou Racourt, échevin de Louvain en 1756 et pendant les années suivantes ; la seconde (r. du 16 janvier 1702) s’allia à Jean-Jérôme de Limpens, pensionnaire des états de Limbourg et de Luxembourg. De cette dernière alliance naquit, entre autres enfants, Jeanne-Marie de Limpens, morte à Bruxelles le 6 février 1837, femme de Jean-Joseph, comte de Robiano, seigneur de Beyssem, Bueken, Assent, mort à Anvers le 27 décembre 1785. Leur fils ainé, le comte François-Xavier de Robiano, chambellan du roi Guillaume Ier, membre du Congrès national, puis sénateur et gouverneur de la province d’Anvers, mort le 6 juillet 1836, a laissé, de son union avec Marie-Christine Gilles, plusieurs enfants. Mélin échut au second de ses fils, Maurice Joseph, créé comte de Robiano le 12 avril 1843 avec transmissibilité à tous ses enfants et descendants du nom, sans distinction de sexe et de primogéniture. M. le comte Maurice-Joseph a été aussi commandeur de l’ordre de Saint-Grégoire-le-Grand, et avait épousé, le 1er mai 1843, Marie-Désirée de Hemricourt, comtesse de Grunne et du Saint-Empire. Depuis sa mort, arrivée le 17 décembre 1869, la terre de Mélin appartient à ses héritiers.

Le domaine de Mélin était considéré comme un des plus considérables et des plus avantagés du pays ; aujourd’hui encore il a une grande valeur. En 1474, le seigneur était tenu de fournir, pour le service féodal, un homme d’armes avec trois chevaux, accompagné de trois combattants à cheval. La haute, moyenne et basse justice appartenait au possesseur du fief, qui avait un pilori sur la place et une potence à l’endroit dit A la Justice. C’était lui qui nommait le chef-maïeur de la mairie, le maire et les échevins de la seigneurie, les maîtres de l’église et des pauvres, le lieutenant de la cour féodale, etc. Les cens et rentes, qui étaient évalués à 140 florins du Rhin en 1495, (ou, en 1530, à 84 1/2 chapons, 6 peeters, 44 sous 8 deniers de gros et 15 patars), se levaient sur une étendue de terres qui est portée, en 1530, à 536 1/2 bonniers 63 verges, tandis qu’on ne l’estime, en 1568, qu’à 435 b. D’après le document où nous puisons ce dernier chiffre, chaque bonnier mouvant de la haute cour de Mélin donnait, par an, 15 deniers de Louvain (ou 3 sous de Brabant) et un demi-setier d’avoine, mesure de Tirlemont. Ce droit de 3 sous et d’un demi-setier ayant été contesté par le magistrat de Tirlemont, agissant au nom de la Table du Saint-Esprit, de cette ville, fut reconnu par une sentence des échevins de Mélin, du 28 avril 1701, et par un verbal ad arcordandum en conseil de Brabant, des 7 et 10 janvier 1711. Chaque bonnier de prairie payait, par an, 8 sous. Le droit de congé s’élevait au 14e denier, sauf que les biens suivant la coutume de Louvain ne donnaient que le 21e denier. Le livre féodal comprenait, en 1440, 29 fiefs, parmi lesquels nous mentionnerons : un bois appartenant à Baudouin Raes , de Jodoigne; 18 b. de terres, appartenant à Walter Vanden Cruce, 10 b. de bois et 91 1/2 j. de terres et de bois, appartenant à Louis Van Ophem ; 12 1/2 b. de terres, appartenant à Simon de Herbais ; 10 1/2 b. de terres, appartenant à Walter de Redingen, de Louvain ; 6 b. de terres et un cens de 4 chapons, 2 sous, 6 escalins, appartenant à sire Jean de Mersche ; 16 b. de terres, appartenant à l’abbaye de Villers ; un cens et 18 b. de terres, appartenant à Adam Vander Sinnen, un cens et 24 b. de terres, appartenant à Jean Van Elderen (en 1506, à Michel Van Doerne) ; 11 b.de terres, appartenant à Godefroid de Gosselies. Le livre féodal et le livre censal réunis rapportaient 350 fl en 1794.

Les propriétés comprenaient : en 1794, deux fermes, un moulin à vent, 153 b. 1 journal de terres, 1 b. 1 j. de prairies, 127 b. de bois, outre, hors de Mélin : 6 b. 2 journaux de terres à Geest-Saint-Remi et 3 b. de terres et 3. b. de bois à Jodoigne. Au siècle dernier il existait un beau château, orné de plusieurs tours, embelli de jardins magnifiques et qui, après avoir été brûlé par accident (probablement en 1736, lorsqu’on dut renouveler la charpente du corps de logis de la grande cense du seigneur), fut rétabli vers l’année 1760. C’est la grande ferme voisine du cimetière, dont on remarque encore les vastes bâtiments et dont une aile a de nouveau été incendiée il y a environ 17 ans. C’est ce que l’on appelait la Grande Cense du Seigneur ou Cense de Rebays, qui était franche de dîme et que l’on afferma, le 13 janvier 1730, moyennant 6 florins par bonnier et 100 fl. pour la « pourprise, » en abandonnant au seigneur la jouissance des quatre pépinières contiguës. Le 29 décembre 1741, elle fut donnée en location à Jacques Quinot, pour un terme de 9 ans, moyennant 150 fl. pour la pourprise et 7 b. 3 journaux de dépendances (la pépinière de frênes seule exceptée) et 6 fl. pour chacun des 81 b. qui y étaient joints, plus 3 couples de beaux dindons ; le fermier était tenu de cultiver lui-même, d’entretenir un troupeau de moutons, de fumer et marner les terres, d’ensemencer les terres « de blé et de durs grains de quatre royes et de marsages de deux à trois roies » , c’est-à-dire de semer sur les mêmes champs du grain tous les 4 ans et du blé de mars toutes les 2 ou 3 années. En 1530, les cultures de la Ferme de Rebays ne comprenaient que 30 bonniers.

Presque adjacente à cette propriété, la Hesserée a conservé un aspect plus féodal. Elle est bâtie dans un vallon et était jadis entourée d’étangs ; les bâtiments forment un carré, dont la partie antérieure présente, en son milieu, une porte ogivale, au-dessus de laquelle s’élève une tour. La partie supérieure de cette tour a à ses angles des contre – forts qui reposent sur des moulures en retraite. La Hesserée fut donnée en location, le 15 octobre 1721, avec environ 50 bonniers de terres et de prairies, moyennant 50 fl. pour la pourprise et 250 fl. pour les dépendances.

Une troisième ferme, Hautteberge ou Hodeberges, se trouvait à l’extrémité de la commune. Les 30 bonniers annexés à cette « maison », s’étendaient, d’un côté, jusqu’aux terres de la Cense de l’Espinette, sous Tourinne, et, de l’autre, jusqu’à celles de la Cense de la Leck, sous Mélin. Ils se louaient, en 1495, 20 fl. du Rhin par an et étaient cultivés alors à 10 bonniers par roie, c’est-à-dire qu’on n’en mettait qu’un tiers en culture, chaque année.

Nous avons vu que la seigneurie de Gobertange fut achetée par Jean, sire de Morialmé, à Jean de Dongelberg. L’ancienne famille de Dongelberg avait donné une partie de ce bien à Wazelin, abbé de Saint-Laurent, de Liège, comme nous l’apprenons par une charte de Guillaume de Dongelberg et d’Ide, sa femme, datée du jour des nones ou 5 février 1147. Au siècle dernier, l’emplacement du Vieu château de Gobertenges avait pris le nom de Cortil Rocloux ou Cortil à la place ; I il consistait en un bonnier voisin du Werichet et limité par le chemin allant au Moulin à vent, le chemin de Geest-Saint-Remy et le ruisseau. Jacques Brasseur, qui en fut propriétaire après Guillaume Feroz et l’avocat Brasseur, racheta, moyennant 78 florins courant, le cens de 3 sous, un demi-setier d’avoine, 3 chapons et 7 fl. censaux, dont ce bien était grevé au profit du seigneur (16 février 1743).

Les d’Awans, seigneurs de l’Ecluse, eurent, au siècle dernier, des biens à Mélin, et notamment, la Cense de Sart à Mélin, la closière de 6 à 7 bonniers d’étendue, dite le Sartage, etc.

Outre la seigneurie de Mélin, il y avait, dans ce village, un autre fief très important, que l’on appelait primitivement le bien Au-Bois (Ten-Bossche) et qui comprenait, outre un manoir, 24 bonniers limités, d’une part, par le bois de Mélin, et, d’autre part, par le bois de Bauvechain. Ce fief n’était astreint, ni à payer la dîime, ni à aucun droit de banalité de moulin. Adam Vander Loo le laissa à son frère Walter, dont la fille, nommée Elisabeth, en fit le relief en 1403-1404, et en céda la propriété à Gérard de Bausele, secrétaire de la ville de Louvain (r. du 2 octobre 1472). Celui-ci fut père de maître Gérard de Bausele (r. du 26 octobre 1493), aïeul de Corneille de Bausele (r. du 13 juin 1511) et bisaïeul d’Adrien de Bausele (r. du 7 novembre 1556), qui suivit Charles-Quint dans ses expéditions en Afrique. Adrien et son frère Adolphe, étant morts sans enfants, eurent pour héritiers des biens Van den Bossche ou Ter-Luyckt leurs frères Guillaume et Jérôme et les enfants de leur frère Pierre : Charles, Catherine, Marguerite et Barbe (r du 20 février 1590). Messire Guillaume de Bausele releva le 23 février 1604, après le décès de Barbe, sa sœur, ce fief, qui, sous le nom de biens de Petit-Lech, fut vendu, en vertu d’un décret du conseil de Brabant, au baron de Dongelberg et à sa femme, Marie de Bausele, dame de Braeck et de Heylaer, fille d’Adrien de Bausele, capitaine d’une compagnie libre de 300 fantassins wallons (r. du 4 avril 1664). Jusqu’à la vente de leurs domaines, les Dongelberg, puis les d’Argenteau, ont possédé, à Mélin, une ferme et 46 à 47 bonniers de terres, qui étaient loués, en 1779, 535 florins. Une Cense de la Grande Leck a aussi existé à proximité du bois de Mélin, mais il n’en restait, en 1779, que la « pourprise », convertie en cinq bonniers de bois, et appartenant à Marie-Catherine Maisin, douairière de messire Henri de l’Escaille, et à ses enfants.

Parmi les fiefs tenus de la seigneurie de Mélin, on mentionne la ferme dite Ter-Hoffstadt, avec 24 bonniers de terres et de bois. En 1495, Baudouin de Courtis en était possesseur. En 1570, Adrien Van Roomen en fit le relief, en même temps que de 20 b. de terres, de bois et de pâturages, situés au lieu dit Hodebierge, entre la parcelle précédente, les terres de la ferme de l’Épinette et le chemin de Wavre à Hougarde.et de 4 autres b. de terres. M. Vander Laen, qui hérita de la terre de Mélin en 1722, était seigneur de Ter-Hoffstadt.

Citons enfin, comme propriété importante, la ferme que le seigneur de Gottechain, Silvius, premier pensionnaire de Louvain, possédait à Mélin en 1703 ; il en dépendait environ 90 b., qui furent alors affermés, chacun, moyennant un setier de froment, un setier d’orge et deux setiers de seigle, par an. En 1794, la veuve Blondeau et M. Van Triele, de Bruxelles, possédaient, à Mélin : la première, une ferme, 65 b. de terres, 3 journaux de prairies et 9 b. 1 journal de bois ; le second, une ferme, 75 b. de terres, 1 journal de prairies et 15 b. 2 journaux de bois. La ferme des Blondeau, qui est actuellement possédée par la famille de Robiano et exploitée par le bourgmestre, M. Maleve, se trouve près du chemin conduisant de Mélin vers l’Ecluse ; la situation de celle des Silvius et des Van Trile m’est inconnue. Peut-être est-ce celle de M. Roberti, à Sart-Mélin, qui est bâtie en pierres et en briques et couverte d’ardoises. Elle forme un carré de bâtiments : le corps de logis, qui a sept fenêtres de front, occupe le fond de la cour, dans laquelle on entre par une grande porte surmontée d’une tourelle, avec pigeonnier ; l’un des côtés est, comme de coutume, bordé par une vaste grange.

Le bien le plus important que les communautés ecclésiastiques possédaient à Mélin consistait en la ferme dite de la Couvertrie et appartenait à l’abbaye de la Ramée. Ce monastère avait déjà des possessions au lieu dit Neusart dès l’an 1219, lorsque l’abbé Florent et les religieux d’Inde près d’Aix-la-Chapelle lui abandonnèrent la dîme de ces possessions, en échange d’une autre dîme qui était tenue d’Inde en fief et à cens et qui avait été donnée à la Ramée par Gérard de Comdehc (ou Cumptich). Le 22 juillet 1259, Henri III, duc de Brabant, abandonna à la Ramée et à Florival, jusqu’à révocation, la perception des dîmes novales à Mélin. Pour prévenir toute contestation, on partagea, le mercredi après la Pentecôte, en 1290, la dîme de Mélin, de telle manière que la Ramée la prélevait sur 267 bonniers (produit, en 1787, 500 fl.). Florival sur 271 b. (produit, en 1787, 982 fl.) et le curé de la paroisse sur 267 1/2 b., outre les novales, qui lui furent aussi abandonnées.

La Cense al Couvertrie ne comprenait, en 1649, que 60 bonniers. En 1787, elle était donnée en location pour 1,028 fl. 15 sous, et, le 27 frimaire an VI, elle fut vendue, avec 74 b. de terres et de bois, à Louis-Vincent Pommier, moyennant, 501,000 livres. Quoique bâtie en pierres, elle n’était alors couverte qu’en paille. Cette ferme devait jadis au domaine ducal trente corvées par an.

Quinze bonniers de terres appartenaient à l’abbaye de Florival, et un bois de 15 bonniers et une dîme rapportant 120 fl. à l’abbaye de Villers. Les bogards d’Hougarde avaient à Selinpré, près du chemin de Bauvechain à Hougarde, un bois de 14 â 15 bonniers, dont la majeure partie était tenue en fief de la seigneurie de Mélin et dont la totalité fut vendue, le 22 août 1807, moyennant 7,400 francs.

Culte

L’église de la Visitation de la Vierge, de Mélin, a successivement ressorti au doyenné de Jodoigne (dans l’évêché de Liège) et au doyenné de Tirlemont (dans l’archevêché de Malines). Après le concordat, elle devint une succursale de l’église Saint-Médard, de Jodoigne, et actuellement, elle est encore comprise dans le doyenné de cette ville. La paroisse a la même étendue que la commune ; mais, jadis, il n’en était pas ainsi, car elle s’étendait sur la ferme de Wahange et 5 autres maisons du village de l’Ecluse. Si l’on en croit Van Gestel, trois diocèses différents se partageaient le territoire de Mélin, celui de Liège englobant la chapelle du Baty et celui de Namur l’oratoire de Saint-Pierre, construit sur le cimetière, à côté de l’église paroissiale.

Le patronat ou la collation de la cure appartenait alternativement aux abbayes de la Ramée et de Florival, qui possédaient chacune un tiers des dîmes. Le monastère de Salzinne eut également quelques droits sur ces dernières, mais y renonça, en 1251, au profit des religieux de Villers. Ailleurs la dîme appartenait à l’abbaye d’Averboden, au curé, au chapelain d’Hasseldemberg (ou d’Huldenberg), au marguillier de la paroisse, au curé de l’église Saint-Lambert, de Jodoigne, au chapitre de Saint-Paul, de Liège (patron de ce dernier temple), et aux bénéficiers de Saint-Pierre et de Sainte-Catherine, de Mélin.

Les revenus de la cure s’élevaient, en 1787, à 1,088 florins. Le curé prélevait la grande et la menue dîme sur 267 1/2 bonniers à Mélin, la moitié de la dîme de 16 b. à Bauvechain, de 11 b. à Geest-Saint-Remy, de 15 b. à Geest-Sainte-Marie et de 6 b. à Geest-Saint-Jean, et un sixième de la dîme de 20 b. près de la ferme de Wahange. Outre des biens provenant de bénéfices qui avaient été réunis à sa dotation, il possédait 11 b. de terres. Nous avons dit plus haut que l’un des curés, François de Buret ou Dumont, fut archidiacre de Deventer ; un ancien registre du baptistère prétend qu’il occupa le siège épiscopal de cette ville, mais c’est une erreur : les Dumont qui remplirent ces fonctions : l’un par nomination du 29 octobre 1570, l’autre par nomination du 6 août 1587, portaient le prénom de Gilles et le premier appartenait à l’ordre des Dominicains.

Indépendamment des bénéfices particuliers des oratoires dont nous parlerons plus loin et du bénéfice castral, on mentionne, à Mélin, ceux dits de Sainte-Catherine (ou de Saint-Jean-Baptiste), de la Sainte-Croix et de Saint-Nicolas et la marguillerie. Le 14 mars 1645, l’archevêque annexa à la cure le premier et sa dotation de 7 bonniers, à la condition de célébrer une messe toutes les semaines ; le 4 mai 1655, l’official de Malines, Coriache, prononça la réunion des deux autres, pour l’entretien d’un vicaire. Le bénéfice de la Sainte-Croix et de Saint-Nicolas avait en propriété 10 b. 95 verges (produit, en 1787, 157 florins) et restta grevé de l’obligation de célébrer une messe par semaine. Le bénéfice castral était placé sous le vocable de la présentation de la Vierge et se desservait dans la chapelle seigneuriale, à côté du chœur. Il existait en outre une chapellenie de Saint-Jacques, à laquelle Nicolas Piret, vers l’an 1500, légua une redevance annuelle de 3 muids de froment et 1 muid de seigle, pour la célébration d’une messe hebdomadaire ; mais , si l’on en croit une annotation du curé Antoine Beauclef, datée de l’an 1642, le titulaire avait émigré, en emportant les titres de cette fondation. Également vers l’an 1500, des messes hebdomadaires en l’honneur de sainte Anne furent fondées par Marie, fille de Collay Heluot, et par Marie Delmot, qui léguèrent à cet effet : la première 2 muids, la seconde 2 1/2 muids de seigle, par an. Le 10 septembre 1680, madame de Benavides, marquise de Mélin, affecta une somme de 1,000 fl. pour chanter, toutes les semaines, une messe du Vénérable ou du Saint-Sacrement et, par un testament postérieur, du 30 décembre 1717, la même donatrice doubla ce legs, afin d’augmenter les revenus de la clergie (ou marguillerie), dont le titulaire devrait dorénavant être prêtre, et serait tenu de dire, outre cette messe du Vénérable, une messe matinale les dimanches et jours de fête. II y eut à ce sujet de longues contestations entre les seigneurs et les curés, contestations qui se terminèrent, le 20 novembre 1732, par un accord, auquel l’archevêque donna son approbation le 11 du mois suivant. Une rente de 1,000 fl. fut attribuée au curé, à la condition de célébrer ou de faire célébrer la messe du jeudi ; quant aux 1,000 fl. restants, ils furent réservés au clerc ou marguillier (en flamand, keuster), qui serait nommé par le seigneur, devrait dire ou faire dire la messe matinale les dimanches et jours de fête et jouirait des revenus des bénéfices dits de la Sainte-Croix et Saint-Nicolas et de Saint-Antoine.

La fabrique possédait, en 1767, 6 b. de terres 1 journal. Ses revenus s’élevaient : en 1787, à 163 fl. 15 sous ; en 1846, à 1,575 francs. Sa dotation actuelle se compose de 7 hect. 26 ares. Les Archives du royaume possèdent un beau volume intitulé : Registre et carte figuratiffe des terres, preits et bois dépendant de la cure.de Melin et des bénéfices …, mesurées à la réquisition du sieur maître Waulter Genin, révérend pasteur dudit Melin, et de sieur Henri Genin, recteur des quelques bénéfices susdits, mesurées par Charliot, arpenteur juré à Jodoigne, 1748

L’église, qui est située sur un plateau élevé, consiste en un grand vaisseau très bien éclairé, mais qui n’offre aucune particularité curieuse. A la suite d’un procès intenté aux abbayes de la Ramée et de Florival par le curé Beauclef et les mambours de l’église, les deux monastères s’engagèrent à réparer la toiture de la nef, à mettre en bon état la flèche de la tour pour les deux tiers, le troisième tiers restant à la charge de la fabrique, à fournir au curé une chasuble pour les jours de fête , un ciboire de cuivre doré pouvant contenir 300 hosties, un lavoir et « deux sudaires de toile » honnête, deux chandeliers de cuivre, etc., et à garnir les fonts baptismaux d’un pied de fer et d’un couvercle (4 juillet 1648). En 1759 et 1760, l’ancien temple avait été agrandi et l’on y avait dépensé plus de 2,200 florins, mais les habitants réclamèrent bientôt contre son état de vétusté et les décimateurs se virent obligés de faire droit à leurs réclamations. Aux plaids généraux qui se tinrent sur la place, le 20 avril 1776, l’avocat Schonerd et l’architecte Jaumotte, mandataires des monastères de la Ramée et de Florival, présentèrent un plan d’église, qui fut approuvé par la communauté, sauf les modifications suivantes : on donna à la porte d’église 7 pieds de large au lieu de 6, à l’église entière 4 pieds de plus en largeur, soit 54 p. sur 85 p. de long, au chœur 33 p. de long sur une largeur égale à celle de l’intervalle laissé entre les deux rangées de colonnes de la nef, â l’intérieur de la tour 15 pieds en carré, aux fenêtre 12 p. de haut sur 6 p. de large. Les fermiers prirent l’engagement d’aller chercher à tour de rôle de la chaux, jusqu’à concurrence de 20 charrées et à proportion d’une charrée par charrue de labour et d’amener aussi l’eau nécessaire pour la construction des fondements. Cet accord fut revêtu des signatures des deux délégués, du curé, du greffier, de 16 autres habitants et des marques ou croix de 5 personnes.

L’édifice, commencé en 1777, coûta 30,208 florins 31 sous, d’après le compte qui fut arrêté le 19 décembre 1781. Tous les décimateurs intervinrent dans la dépense, même Villers, qui donna 2,730 fl. (quittance du 14 février 1782), même le chapelain d’Huldenberg, Guillaume-Martin Booten, qui dut emprunter 1,000 fl. pour payer sa quote-part, quoique sa dîme ne lui rapportât que 150 fl. (octroi du 7 septembre 1785).

L’église consiste en un chœur de deux travées et une triple nef de cinq travées, dont les bas-côtés s’arrondissent pour englober la tour. Cette dernière, qui est carrée et surmontée d’un clocher hexagonal, s’élève du milieu de la façade, qui a été restaurée en pierres de Gobertange en 1839. Elle est éclairée, dans la partie moyenne, par des oculus, et dans la partie supérieure, par des fenêtres cintrées. A l’intérieur de cette tour on lit la date 1780, et sur le toit on distingue le millésime 177(8). La nef est séparée des bas-côtés par deux rangs de colonnes cylindriques qui supportent des arcs en plein-cintre ; ainsi que le chœur, elle est recouverte par un plafond, dont les côtés dessinent une courbe ; un simple plafond recouvre les bas-côtés.

Le chœur et la travée qui précèdent sont lambrissés en bois de chêne, orné de sculptures. Outre le maître-autel, qui est dédié à Notre-Dame du Rosaire, il y a deux autels latéraux consacrés, l’un à la Vierge, l’autre à saint Joseph. Dans la sacristie de gauche se trouve une pierre tumulaire portant cette inscription : ICI GIST DAME BARBARA DE — VILLENOVE, FEMME QUI FU — DE MESSIR THIRI BOUTON, CHEVALIER ET SEIGNEUR,— DE MELIN, LAQUELLE EST — TREPASSE LE 29 DE — DECEMBRE 1922 — PRIEZ DIEU POUR SON AME. Parmi les objets servant à célébrer l’office divin, on remarque un ostensoir de style ogival, un ancien ciboire orné de figures et d’autres détails exécutés avec soin, et deux vieux calices dont un date de 1641. Dans le cimetière on remarque un beau calvaire, qui en a remplacé un autre, élevé aux frais du seigneur et auquel l’évêque de Namur avait accordé de larges indulgences.

La tour renferme trois cloches, qui pèsent ensemble 2,500 kilogrammes environ. Le 4 octobre 1777, la communauté, réunie au nombre de 90 personnes, dont 26 ( outre le curé H. Génin, le maire, le greffier et 5 échevins) signèrent la résolution et 56 (dont une femme) y apposèrent leurs marques, la communauté, disons-nous, résolut d’en faire fondre une, du poids de 2,500 livres ; pour payer la dépense, on décida qu’une « taille domiciliaire » serait perçue à charge de tous les habitants âgés de plus de 7 ans et d’après une liste formée par le maire, les échevins, les « assieurs » (ou répartiteurs) et autres « intéressés » du village, et que la cloche sonnerait au décès de tous les habitants, sans distinction. Mais une difficulté surgit bientôt. Les décimateurs refusèrent d’admettre sur la tour, à côté de la principale cloche ou cloche décimale, une charge aussi lourde. Après avoir consulté le seigneur et le curé, le maire Prévinaire convoqua de nouveau les habitants et leur proposa de faire fondre ou une grosse cloche ou deux, pour lesquelles ou utiliserait la petite cloche existante, que l’on croyait appartenir à la communauté (29 mai 1779). Le 17 avril de cette année, les fondeurs Joseph et Nicolas Simon, père et fils, s’étaient engagés à fondre, moyennant 15 sous par livre, une cloche dont les quatre cinquièmes seraient de bon cuivre rouge et l’autre cinquième d’étain anglais, et qu’ils garantiraient pendant trois ans. Aux mêmes conditions ils fournirent deux cloches, qui furent pesées le 17 décembre en présence du maire et des échevins, et que l’on trouva être : la première, du poids de 1,515 livres; la deuxième, du poids de 1,072, ce qui, avec 52 livres de « traces », formait 2,639 livres, valant, à 15 sous la livre, 1,979 livres 5 sous. Il y a trois ans on a établi dans la tour un appareil électrique du système Michiels ; l’horloge marche depuis lors avec une précision remarquable, au moyen d’un fil conducteur qui part d’une horloge-régulateur placée dans la sacristie de droite.

Le hameau de Gobertange possède une vieille chapelle, dédiée à sainte Marie-Madeleine. Il y existait un bénéfice qui était à la collation du curé et qui était chargé de 3 messes par semaine (réduites à une en 1787). Ce bénéfice possédait 3 bonniers de terres et, en redevances et cens annuels, 25 1/2 setiers de seigle et 10 sous (produit, eu 1768, 61 fl. ). Si l’on en croit une tradition locale, ces biens seraient un legs fait par la servante d’un curé, en expiation de ses fautes. De cet oratoire, qui existait déjà en 1441, il ne subsiste plus que le mur terminal, qui est plat et aveugle, et le mur septentrional, où l’on remarque une ouverture ogivale, avec un trilobé ; le restant de la construction , avec la porte et la fenêtre de la façade et la petite entrée latérale et les deux baies du mur méridional, a été élevé en 1856, en belles pierres de la localité, dans le style ogival, et aux frais des habitants du hameau. Cette chapelle était jadis plus grande qu’elle ne l’est maintenant, et le terrain adjacent servait de lieu d’inhumation ; lors de la reconstruction, on y a recueilli beaucoup d’ossements, surtout à l’endroit où était l’ancien chœur. On voit aussi, à Gobertange, une grotte où se trouve la statue de sainte Marie-Madeleine pleurant ses péchés ; cette grotte a été élevée, en 1857, par la famille de François Wery.

La chapelle du Notre-Dame du Baty a été bâtie en 1852 par les soins du curé Antoine Beauclef. Elle était dotée de 6 bonniers de terres et de closières, qui furent vendus par la république française, le 28 frimaire an VII, moyennant 2,025 francs. Elle a pour vocable l’Annonciation de la Vierge et de la paix, de la concorde et du repos. Sur une pierre encastrée dans le pavement on lit : MRE ANTOINE — BEAUCLEF B (bachelier) EN — LA STE THEOL. ET — PAST. DE MELIN — DEPUIS L’AN 1632 — A FAIT BATIR — CETTE CHAPELLE — A L’HONN.R DE LA— VIERGE, 1652, EST — MORT LE 31E DU — MOIS D’AOUST — L’AN 1657. PRIEZ — DIEU POUR SON — AME.

A Sart-Mélin il existe depuis plus de quatre siècles un petit temple, placé sous l’invocation de saint Antoine et qui avait également un cimetière particulier. Il s’y trouvait un bénéfice doté de 2 bonniers 2 journaux (revenu, en 1787, 102 fl. 11 sous) et que l’official de Malines Coriache annexa à la cure du village, le 4 mars 1655, pour servir à rétribuer un vicaire, qui entretiendrait la chapelle de Sart-Mélin et dirait en cet endroit une messe par semaine. Cet oratoire consiste en une nef aveugle, sauf deux œils-de-bœuf qui y laissent pénétrer une clarté indécise, et un chœur formé d’une travée aveugle et d’une abside à trois pans, dont deux percées d’une baie ogivale. L’intérieur, où l’on voit un vieux tableau peint sur bois et représentant saint Antoine, est recouvert d’une voûte en cintre surbaissé et d’un toit surmonté d’un petit campanile. Sur la porte d’entrée on lit la date 1767, indiquée par le chronogramme : ANTONII DIVI SACELLVM VOTI ET VEBO (?).

Charité, instruction, fêtes

Il y avait autrefois à Mélin un hospice, dont l’existence est signalée en 1526.

En 1787, la Table des pauvres de Mélin possédait 9 bonniers 1 journal de terres et 1 journal de bois; ses revenus s’élevaient à 352 florins. Le 20 septembre 1741, madame Vander Laen, en exécution d’un vœu manifesté par son mari, lui donna une rente sur les États de Brabant, au capital de 1,000 florins.

Actuellement, le bureau de bienfaisance possède 8 hect.44 ares.

Le budget pour 1870 présente les chiffres suivants :
Il n’est pas sans intérêt de rappeler comment les orphelins étaient jadis recueillis et soignés au village. C’étaient d’ordinaire les parents qui en prenaient soin ; mais quelquefois ils étaient eux-mêmes dans la gêne et chargés d’enfants ; la communauté devait alors intervenir. C’est ainsi qu’une jeune fille, nommée Marie-Françoise, ayant été séduite et étant morte en couches le 19 avril 1764, on voulut obliger sa famille à élever son enfant, mais le père étant septuagénaire et de « très moyenne condition », et le frère chargé lui-même de quatre enfants encore jeunes, une sentence du conseil de Brabant obligea les gens de loi du village à payer l’entretien de l’enfant, en les autorisant à vendre au plus offrant les hardes de la mère (27 août 1765). Deux autres enfants : un garçon de huit ans et une petite fille de 7 à 8 mois, étant également restés orphelins et leurs proches ayant refusé d’en être les tuteurs, le maire et le curé firent vendre leurs meubles, qui produisirent la somme de 847 florins, payèrent les frais des funérailles et les dettes avec 2 fl. 18 sous et, circonstance touchante, mirent en réserve la croix d’or de la mère (25 juin 1770). La maison des parents fut cédée pour trois années à un tiers, moyennant le paiement de six écus et à la condition d’entretenir le petit garçon comme si c’était son propre enfant, « après qu’il aurait été renippé » par le curé et les gens de loi ; la petite fille fut également placée chez un villageois, à qui on promit 18 florins par an et qui devait la soigner, la faire instruire chrétiennement et l’envoyer à l’école, le curé et les gens de loi se réservant de lui fournir des habillements et des livres (30 juin 1770). Ces stipulations paternelles permettaient aux enfants d’attendre avec sécurité l’époque où ils deviendraient majeurs et le moment où ils pourraient recueillir lés débris de leur petit patrimoine.

Le clerc ou marguillier, qui était nommé par le seigneur, était d’ordinaire tenu, bien expressément, d’ouvrir une école, où il apprenait à lire et écrire et où il instruisait les enfants en la foi catholique (nomination du 17 janvier 1735). La commune a tout récemment fait bâtir, à proximité du centre du village, un beau local d’école, avec chambre de réunion pour le conseil et le collège échevinal.

Le nombre des enfants qui ont été admis à recevoir l’instruction s’est élevé : en 1858-1859, à 221 : 119 garçons et 102 filles ; en 1869-1870, à 241 : 127 garçons et 114 filles.

La fête du village se célèbre le dernier dimanche de septembre ; il y en a une seconde, le dimanche qui suit le 28 mai.

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